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Cet article est issu du dossier «Une autre Côte d'Ivoire»

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Finance

Côte d’Ivoire : à Abidjan, les traders sont dans la place

Le nouveau service, au sein de l’agence Pyramide, au Plateau. © YOURI LENQUETTE POUR JA

Signe que la capitale économique est en train de conforter sa position de plateforme financière, la SGBCI vient d’y ouvrir une salle de marchés régionale. Une première en zone Uemoa.

La Société générale de banques en Côte d’Ivoire (SGBCI), premier établissement bancaire du pays, vient d’ouvrir une salle de marchés régionale qui, à terme, pourrait gérer les activités de change de l’ensemble des filiales du groupe en Afrique subsaharienne.

Installée au deuxième étage de l’agence SGBCI Pyramide, sur l’avenue Delafosse, dans le quartier d’affaires du Plateau, elle a été calquée sur le modèle des salles de marchés de Genève, en Suisse, et intègre donc tous les standards internationaux liés à cette activité, en particulier en matière de sécurité et de télécommunications : caméras de surveillance, reconnaissance digitale et code pour tous les employés qui doivent y accéder, téléphones IP de dernière génération pouvant supporter jusqu’à trente conversations simultanées, système front-to-back (qui assure le traitement sécurisé des opérations en temps réel), site de repli vers le siège de la Société générale à Paris pour sauvegarder toutes les opérations en cas de dysfonctionnement du système…

« Nous sommes équipés pour que la salle soit aussi organisée, aussi efficace et aussi sûre qu’en Europe ou en Amérique, pour donner plus d’assurance à nos clients et aux milieux d’affaires », confirme Harold Coffi, le directeur général adjoint de SGBCI chargé de la clientèle entreprises et des marchés financiers. Avec son directeur général, Hubert de Saint Jean, il est l’un des principaux artisans de la création de cette salle de marchés.

Jeunes recrues issues de la diaspora

Harold Coffi a quitté NSIA Bank pour rejoindre SGBCI en 2014. Le banquier, qui a démarré sa carrière chez JPMorgan Chase, aux États-Unis, fait partie des symboles de la profonde mutation de Société générale sur le continent, où le groupe confie désormais une bonne part des postes stratégiques à des cadres locaux.

Sur la nouvelle plateforme d’Abidjan, la plupart des recrues sont d’ailleurs des Ivoiriens de la diaspora rentrés au pays. Outre les sales experts (conseillers de vente) et les traders, les deux principaux métiers présents, quelques superviseurs veillent au grain pour prévenir les éventuelles fraudes, et les équipes assurent en permanence des activités de veille concurrentielle, réglementaire et technologique.

La salle a été dimensionnée pour gérer toutes les activités de change des filiales du groupe en Afrique subsaharienne, mais pour le moment elle se limite à celles de la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Par la suite, elle centralisera également les activités de change des filiales de la Communauté économique et monétaire des États de l’Afrique centrale (Cemac).

La plateforme permet de mieux gérer les règlements à l’international, de proposer des solutions adaptées à la couverture du risque de change et d’optimiser la trésorerie, en accompagnant les clients sur les meilleurs rendements qu’offrent les marchés financiers ivoirien et sous-régional. Dans un environnement des affaires en plein développement, son rôle est de satisfaire les opérations des clients (multinationales ou PME) avec des services sur mesure, « en proposant notamment des solutions au comptant [spot] et des produits dérivés, comme le change à terme ou le change à terme flexible », explique Harold Coffi.

Elle vient par ailleurs compléter l’offre de financement et d’investissement proposée par les deux filiales – Sogebourse, chargée de l’intermédiation boursière, et Sogespar, spécialisée dans la gestion d’actifs –, dont SGBCI compte également étendre les activités à toute la zone Uemoa.

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