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Une exposition consacrée à Tintin au centre Georges Pompidou à Paris en décembre 2009.

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Culture

BD : Le Sourire des marionnettes, grandes questions et miniatures persanes

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Mis à jour le 5 janvier 2017 à 15:08

Métaphore élégante et subtile, cet ouvrage offre un contrepoint érudit mais toujours plaisant à l’actualité internationale. © Le Sourire des marionnettes

La rencontre improbable entre un poète et un illuminé sanguinaire, voilà ce que propose Le Sourire des marionnettes, qui raconte la confrontation de deux figures de l’Iran du XIe siècle : Omar Khayyam, libre penseur, scientifique jouisseur, et Hassan ibn Sabbah, fondateur de la secte des Assassins.

Somptueusement enluminé, cet ovni accomplit plusieurs tours de force. D’abord, sur la forme, il traduit les miniatures persanes en bande dessinée. Tous les codes graphiques réapparaissent dans les cases : dorures, couleurs vives, aplatissement des perspectives, motifs géométriques et floraux. Les personnages sont également souvent vus du dessus, comme s’ils étaient observés par Dieu.

Et, de fait, tout l’ouvrage tourne autour de la notion de sacré, du sens qu’elle donne à la vie… et à la mort. Publié pour la première fois en 2009 et réédité en novembre, l’ouvrage résonne aujourd’hui douloureusement à l’heure des attentats-suicides. Métaphore élégante et subtile, il offre un contrepoint érudit mais toujours plaisant à l’actualité internationale.