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Cet article est issu du dossier «Pétrole et terrorisme : double choc pour le Tchad»

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Communication & Médias

Tchad : l’ONRTV est mort, vivent la radio et la télévision publiques ?

Le bâtiment neuf de l’ex-office.

Le bâtiment neuf de l’ex-office. © ABDOULAYE BARRY POUR JA

L’audiovisuel public est en pleine réorganisation et devrait bénéficier prochainement d’un nouveau siège, flambant neuf.

Vu de l’extérieur, le futur siège de l’audiovisuel public a fière allure. Avec sa grande tour de verre centrale et son aile ronde en proue, le bâtiment construit par le groupe tchadien Almanna (d’Abakar Tahir Moussa), associé à des architectes italiens, n’est pas sans rappeler la Maison de la radio, à Paris. Son inauguration n’est prévue qu’en mars 2017, mais il est déjà devenu un repère à N’Djamena, où les hauts buildings se comptent encore sur les doigts de la main. Même si l’on ne sait plus très bien ce qu’il abritera.

En effet, le 15 septembre, le gouvernement a dissous l’Office national de radio et télévision du Tchad (ONRTV, créé en 2006). Dans le contexte d’austérité budgétaire actuel, le mauvais fonctionnement général de l’Office, des soupçons de malversation, une gestion du personnel complexe et un effectif pléthorique – sans parler du peu de bénéfices générés par la redevance audiovisuelle (RAV) – ont poussé l’exécutif à revoir entièrement son organisation.

L’ONRTV affichait un déficit de plus de 5 milliards de francs CFA (7,6 millions d’euros) et avait déjà reçu une subvention publique de 700 millions de F CFA, hors redevance. « Avoir construit un bel immeuble n’est pas contradictoire avec le besoin d’améliorer le fond », précise la ministre de la Communication, Madeleine Alingué, chargée de mener à bien le nouveau projet. « L’audiovisuel public compte environ 680 employés, avec beaucoup de personnel contractuel, des doublons, des gens incompétents… C’était devenu une usine à gaz ! Nous avons installé une commission de gestion provisoire, qui va remettre à plat les compétences de chacun : l’objectif est d’opérer une restructuration en mettant les professionnels à la place qui leur est due. »

Plusieurs partenariats sont toujours en cours avec des chaînes de télévision ou de radio internationales, comme le groupe France Médias monde (RFI, France 24), afin de mieux former les techniciens et d’améliorer le contenu éditorial des programmes.

Du côté des personnels, notamment des journalistes, qui s’étaient déjà mis en grève en juillet, on s’inquiète de probables licenciements et du rattachement de la direction générale de l’ex-ONRTV au ministère de la Communication, en dénonçant le risque d’un contrôle accru du pouvoir sur les médias. « Qu’on ne se méprenne pas, nous sommes dans un processus d’assainissement de la gestion générale, précise la ministre. Pour le reste, à chacun de faire son autocritique. »

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