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Cet article est issu du dossier «Tendances 2016 : luxe et art»

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Joaillerie : constellation africaine

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Le diamant botswanais présenté à New York par la maison de vente aux enchères Sotheby’s le 4 mai.

Le diamant botswanais présenté à New York par la maison de vente aux enchères Sotheby's le 4 mai. © Seth Wenig/AP/SIPA

Pour se tailler une place sur le marché des très gros diamants, De Grisogono regarde vers le continent. Il a acquis deux pierres exceptionnelles en provenance d’Angola et du Botswana.

De l’art, de la patience, de la précision… C’est entre les mains expertes d’un tailleur de pierres précieuses new-yorkais que sont actuellement travaillés les plus gros diamants de la décennie. Découverts récemment, ils sont africains, et leurs caractéristiques les parent de tous les superlatifs. « The Constellation », extrait en novembre 2015 par l’entreprise minière canadienne Lucara Diamond dans la mine botswanaise de Karowe, pèse 813 carats, mesure plus de 6 centimètres et a été acquis en mai lors d’une vente aux enchères pour 63 millions de dollars (59 millions d’euros). Un record.

Sa taille sera achevée à la mi-2017, annonce De Grisogono. « C’est sa pureté [il pourrait être le plus gros diamant certifié “flawless” – parfaitement pur – au monde], sa taille et sa couleur qui lui donnent son caractère exceptionnel », détaille le joaillier genevois.

L’entreprise, née il y a vingt-quatre ans, également reconnue dans le domaine de l’horlogerie, a aussi acquis au début de 2016 pour 16 millions de dollars un diamant angolais de 404 carats (80,8 grammes). Deux arguments de poids pour rivaliser avec les leaders britanniques Graff et Moussaieff ou français Cartier sur le secteur des gros diamants africains. Présenté en mai dernier à Cannes, le « 4 de Fevereiro », baptisé ainsi en l’honneur de l’insurrection anticoloniale angolaise du 4 février 1961, a, lui, été acheté par De Grisogono directement auprès du minier australien Lucapa.

Extraction des pierres

Il est actuellement en train d’être découpé en quatre morceaux, dont l’un de 164 carats. « Il faut en général entre sept mois et un an pour extraire plusieurs pierres de qualité exceptionnelle d’une pierre brute », poursuit le joaillier. Si les employés de la maison déclarent ne pas encore savoir si ces diamants viendront sertir une bague ou un collier, ces pièces attirent en général une clientèle venue de Russie, du Moyen-Orient ou d’Asie. Véritable valeur refuge, ils sont plus souvent recherchés par des collectionneurs que par de très riches particuliers. Même pour les diamants, que l’on dit éternels, la règle est d’airain : le temps reste de l’argent.


Une passion angolaise

Époux d’Isabel dos Santos et, donc, gendre du président angolais, Sindika Dokolo est actionnaire depuis 2012 du joaillier De Grisogono. Cet homme d’affaires d’origine congolaise a acheté par l’intermédiaire de sa société diamantaire dubaïote Nemesis le diamant « The Constellation », avant de le céder au Suisse.

Si De Grisogono balaie vite le sujet, une source interne confirme pourtant que, avec ces liens, la maison pourrait devenir un débouché important pour les diamants angolais. « Cela nous permet de ne plus avoir d’intermédiaires. On veut avoir une stratégie verticale de la mine aux clients, qui permet d’offrir des prix attrayants. »

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