Politique

Israël - États-Unis : Jared Kushner, le gendre idéal de Donald Trump ?

Jared et Ivanka félicitant Donald Trump après son élection, le 8 novembre.

Jared et Ivanka félicitant Donald Trump après son élection, le 8 novembre. © mark wilson/getty images/AFP

Juif pratiquant, l’époux d’Ivanka Trump s’est imposé comme l’un des personnages clés de l’entourage du président américain. Au point que celui-ci songe à en faire son émissaire au Proche-Orient.

À 35 ans, il est déjà de tous les rendez-vous importants de son beau-père. Au lendemain de la déroute de Hillary Clinton, alors que Donald Trump est reçu par Barack Obama, Jared Kushner est aperçu arpentant les jardins de la Maison Blanche au côté de Denis McDonough, chef de cabinet du président sortant. Quelques jours plus tard, il apparaît sur la photo officielle où figure le Japonais Shinzo Abe, premier dirigeant de la planète à s’entretenir en tête à tête avec le président élu.

Une fortune bâtie dans l’immobilier

La rencontre a lieu dans la Trump Tower, en plein Manhattan, non loin du 666 Fifth Avenue, où Kushner s’est offert, en 2007, un gratte-ciel pour 1,8 milliard de dollars. « Jared a réussi dans l’immobilier, mais je pense qu’il aime la politique plus que l’immobilier », dit de lui Trump, comme pour justifier l’intrusion de son poulain dans les hautes sphères de la diplomatie. Après tout, le président a fait fortune dans ce marché avant de se tourner vers la politique.

Autre dénominateur commun : le jeune Jared a lui aussi bâti sa fortune en faisant fructifier l’entreprise familiale, Kushner Companies, dont il a pris les commandes en 2004, après que son père, Charles, eut été emprisonné pour une sombre affaire d’évasion fiscale. Son bourreau d’alors, le procureur Chris Christie, est aujourd’hui le gouverneur du New Jersey et un proche de Trump. Selon la presse américaine, Kushner a vengé son père en évinçant brutalement Christie de la course à la vice-présidence, le rôle de colistier étant revenu à Mike Pence, dont il se murmure que la nomination a été fortement appuyée en coulisses par le gendre du président.

Homme de confiance

Discret, plutôt effacé pendant la campagne électorale, au cours de laquelle il a redoublé de dévotion et de loyauté, Kushner n’a cessé de consolider la confiance que Trump a toujours placée en lui. Si bien que le milliardaire n’a guère bronché, en 2009, quand sa fille Ivanka, autre icône du clan, lui a annoncé qu’elle se convertissait au judaïsme pour épouser le beau Jared, issu d’une famille juive orthodoxe. Le couple a aujourd’hui trois enfants. La famille mange casher et observe le shabbat. Ces contraintes religieuses n’empêchent pas Kushner d’être très actif dans l’équipe de transition de Trump, au point d’être annoncé comme le futur secrétaire général de la Maison Blanche. Mais un tel cas de figure contreviendrait à la loi fédérale contre le népotisme.

Conscient du problème, le 45e président des États-Unis verrait plutôt son gendre remplir la fonction d’émissaire au Proche-Orient avec comme mission de réconcilier Israéliens et Palestiniens. « Je crois qu’il serait très bon pour ça, a confié Trump au New York Times. Il connaît bien le sujet. Il connaît la région et les protagonistes », poursuit-il, sans doute impressionné par le discours que lui a rédigé Kushner lors de son apparition à l’incontournable conférence du lobby pro-israélien de l’Aipac, en mars.

Acteur central au Moyen-Orient

Mais, à vrai dire, le protégé du président est loin d’être rodé aux navettes entre Jérusalem et Ramallah, puisqu’il ne s’est rendu en Israël qu’une seule fois, en voyage d’affaires, à l’été 2014, en pleine guerre de Gaza. « Nous avons de jeunes enfants, et Ivanka n’est pas tranquille à l’idée de me savoir ici, raconte-t-il alors au quotidien Yediot Aharonot. » L’anecdote est révélatrice de l’inexpérience de Kushner, voire de sa naïveté. Ron Dermer, actuel ambassadeur de l’État hébreu à Washington, pense que l’essentiel est ailleurs : « Il n’y a aucun doute sur le fait qu’il se sent fortement engagé à l’égard de la sécurité d’Israël et de son futur. »

L’éventuelle nomination d’un Juif américain au poste d’émissaire au Proche-Orient rappelle celle du démocrate Martin Indyk. Épuisé par l’activisme diplomatique du secrétaire d’État John Kerry, et peu aidé dans sa tâche par les protagonistes, il avait fini par jeter l’éponge. « Ce qui compte, c’est que Kushner est américain », résume la députée du Likoud Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères. Avec ou sans le gendre de Trump, la droite israélienne sait de toute façon qu’elle n’a pas grand-chose à craindre du camp républicain, dont les ténors pressentis pour siéger dans la nouvelle administration lui ont déjà fait allégeance.

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