Banque de développement

Coopération : à 75 ans, l’Agence française de développement a encore de la ressource

Rémy Rioux, ancien responsable du ministère des Affaires étrangères, est le directeur général de l’Agence depuis juin.

Rémy Rioux, ancien responsable du ministère des Affaires étrangères, est le directeur général de l’Agence depuis juin. © Vincent Fournier/JA

Sur fond de promotion du développement durable et de lutte contre le réchauffement climatique, l’Agence française de développement fête son anniversaire en doublant ses fonds propres.

C’est en grande pompe que François Hollande célébrera, le 6 décembre, les 75 ans de l’Agence française de développement (AFD) au Musée du Quai-Branly-Jacques-Chirac, à Paris. En 2011, le 70e anniversaire de l’Agence avait été discrètement fêté.

Mais cette année, le chef de l’État souhaite, dans les derniers mois de son mandat, continuer à incarner une France soucieuse de promouvoir le développement durable et la lutte contre le réchauffement climatique, notamment en Afrique.

Des invités prestigieux

Une semaine de colloques, inaugurée en présence d’Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement (BAD), aura précédé les festivités du 6 décembre. Ce jour-là, après l’ouverture par la chanteuse malienne Inna Modja, se succéderont à la tribune Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, l’écologiste Nicolas Hulot, le milliardaire américain Bill Gates ou encore Philippe Jahshan, président de l’ONG Coordination Sud.

Il s’agit de relancer l’AFD. Celle-ci prendra une nouvelle dimension grâce au partenariat signé le 6 décembre avec la Caisse des dépôts et consignations et avec le doublement de ses fonds propres, qui lui permettra de porter, d’ici à 2020, ses engagements en faveur du développement (prêts, garanties, prises de participation) à 12 milliards d’euros (contre 8,3 milliards en 2015), les dons passant de 200 à 600 millions d’euros. La moitié de ces engagements annuels participe d’ores et déjà à la lutte contre le dérèglement climatique, dans le droit fil des engagements pris par la France à la COP21 de Paris.

C’est d’ailleurs en raison du succès de cette COP que François Hollande a nommé en juin à la tête de l’Agence Rémy Rioux, secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères, qui fut son « sherpa » durant cette manifestation, dont il souhaite faire l’un des marqueurs de son quinquennat.

Prêts aux Etats

Cet anniversaire est aussi l’occasion de mettre en perspective le bilan de l’AFD, une institution créée par ordonnance du général de Gaulle, à Londres, le 2 décembre 1941. Baptisée Caisse centrale de la France libre, elle gère les avoirs en devises et en or de la France libre et bat monnaie. Elle sera renommée, au fil des décennies, Caisse centrale de la France d’outre-mer (1944), Caisse centrale de coopération économique (1958), Caisse française de développement (1992) et enfin Agence française de développement (1998).

Dédiée au développement des colonies et des territoires d’outre-mer, l’Agence voit ses fonctions et son aire d’intervention régulièrement élargies. D’abord orientée vers le financement du logement et de l’artisanat, via des banques locales, elle prête ensuite aux États, prend des participations dans des entreprises privées, soutient le microcrédit et finance des infrastructures sociales et touristiques.

Elle concentre peu à peu l’ensemble de l’aide au développement de la France. Aujourd’hui, cette institution intervient dans 75 pays, en partenariat avec d’autres organismes internationaux.

De l’aide pour tous

À partir de 2001, elle se dote d’une direction stratégique, organise des colloques académiques et publie des ouvrages sur la lutte contre la pauvreté et l’amélioration de la gouvernance. Les ingénieurs et les agronomes de ses débuts sont rejoints par des diplômés des écoles de commerce et par des financiers.

Cette adaptation progressive lui a permis de traverser les tempêtes des indépendances, de la dévaluation du franc CFA ou de la crise de la dette et de continuer à proposer ses compétences techniques et ses prêts, aussi bien pour une décortiqueuse d’arachides que pour un parc solaire. De 2013 à 2015, ses actions ont contribué à fournir à 2,75 millions de personnes un accès à l’eau potable et à mettre en place une capacité de production d’énergie renouvelable à hauteur de 1 750 MW.

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