Politique

Moyen-Orient : la triple alliance de François Fillon

Dans le drame syrien, le chef de la droite française préconise d’œuvrer de concert avec la Russie et – pourquoi pas ? – l’Iran. Objectif : détruire l’État islamique et sauver les chrétiens d’Orient.

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Mis à jour le 6 décembre 2016 à 14:17

François Fillon, alors Premier ministre de Nicolas Sarkozy, et son homologue russe Vladimir Poutine, le 10 juin 2010 à Paris. © Thibault Camus/AP/SIPA

« Orgie au Kremlin ! » se désolait un opposant syrien sur sa page Facebook le 27 novembre, à l’annonce de la victoire de François Fillon. Car s’il est un domaine où se profile une convergence de vues avec Moscou et une rupture avec la ligne de François Hollande, c’est bien celui de la politique française à l’égard de Bachar al-Assad. Malgré « tous [s]es défauts, il faut aider le régime d’Assad, qui est en train de tomber », déclarait François Fillon en septembre 2015 alors que l’intervention des Russes évitait à l’armée syrienne de s’effondrer.

Fillon était pourtant Premier ministre aux débuts de la révolution, et à l’époque, en 2011, Paris sommait Assad de quitter le pouvoir. Le 25 novembre 2015, il a esquissé un mea culpa : « On s’est trop précipité dans l’analyse de la crise syrienne. On a cru que c’était une révolution populaire, ce n’était pas que ça. » La principale crainte du « candidat des catholiques » ? « En cas de chute du régime, ce sont les sunnites qui prennent le pouvoir, et s’ils le prennent, pour les chrétiens, c’est la valise ou le cercueil. »

Secourir les chrétiens d’Orient et vaincre le jihadisme

Pour secourir les chrétiens d’Orient et vaincre le jihadisme, Fillon prône donc le rétablissement des relations avec Damas et la coopération avec Moscou, à l’instar de Donald Trump. Il va cependant plus loin que ce dernier en envisageant d’inclure l’Iran dans l’alliance antijihadiste. Dans la même optique, le nouveau champion de la droite préconise que la France « clarifie » ses relations avec le Qatar et l’Arabie saoudite, « qui abritent les penseurs de l’islam radical », à rebours des liens privilégiés qui avaient été tissés par le président Sarkozy avec Doha, puis par le président Hollande avec Riyad.

gages. Des annonces et une personnalité qui laissent perplexe à Tel-Aviv : « Ami ou ennemi ? », s’interroge la presse locale, qui relève l’attachement de Fillon à la création d’un État palestinien, ainsi que des « stigmatisations de la communauté juive française » dans certains de ses discours. Qu’entendait-il en évoquant « la volonté des juifs de vivre dans une communauté [ne respectant] pas toutes les règles de la République française » ? Mais l’ancien Premier ministre a aussi donné des gages à l’État hébreu, s’opposant à la campagne de boycott des produits fabriqués dans les colonies israéliennes comme à la dernière résolution polémique de l’Unesco sur Jérusalem. En visite dans ce pays en 2014, il avait déclaré : « L’existence d’Israël n’est pas discutable, et sa sécurité n’est pas négociable. Israël est notre ami et notre allié ; quiconque menacerait son existence s’exposerait à notre réaction la plus rude. »