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Cet article est issu du dossier «Sénégal : objectif 2017»

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Société

Sénégal : le phare des Mamelles, symbole dakarois

Depuis la plateforme, un panorama exceptionnel sur la presqu’île du Cap-Vert.

Depuis la plateforme, un panorama exceptionnel sur la presqu’île du Cap-Vert. © YOURI LENQUETTE POUR JA

Face au Monument de la renaissance africaine, la seconde colline porte un édifice chargé d’histoire, le phare des Mamelles. Toujours au service des marins, et de plus en plus prisé par les Dakarois.

La vue y est imprenable sur tout Dakar et l’océan. Au nord, la pointe des Almadies, extrémité ouest de l’Afrique avant l’Atlantique. Au sud, derrière le port, l’île de Gorée. Entre les deux, les différents quartiers de la capitale : le Plateau, Mermoz, Yoff… Perché, en face du Monument de la renaissance africaine, sur la plus haute des deux collines des Mamelles, le phare du même nom est le point culminant de la ville, et l’un des plus anciens symboles du patrimoine national.

Un point de repère pour les marins

Construit en 1864 par les colons français, soit un an avant le port, le phare des Mamelles sert depuis lors de repère aux navigateurs. Tous les soirs, son faisceau blanc apparaît dans le ciel à la tombée de la nuit. à raison d’une rotation toutes les cinq secondes, il est visible à une distance de 53 km. Une puissance que le bâtiment doit au joyau niché à son sommet, en haut d’un étroit escalier en colimaçon : une lentille de Fresnel (du nom de son inventeur, Augustin Fresnel, physicien français du XIXe siècle) qui, grâce à ses échelons amplificateurs, permet de propager sa source lumineuse à des dizaines de kilomètres à la ronde.

« Ce phare est l’unique point de repère pour les navires qui arrivent à Dakar, explique Lamine Fall, l’un des trois gardiens du lieu. Au début du XXe siècle, il servait aussi de guide aux aviateurs de l’Aéropostale qui se posaient ici, comme Antoine de Saint-Exupéry ou Jean Mermoz. » Les gros cargos de marchandises qui accostent chaque semaine dans la capitale sont aujourd’hui dotés de tous les moyens modernes de navigation, mais le phare des Mamelles constitue encore un repère précieux pour les nombreux pêcheurs en pirogue qui partent chaque jour en mer à plusieurs milles des côtes. Outre ce rôle de signalisation maritime, cet édifice abrite, en raison de son altitude, plusieurs antennes et émetteurs de différents médias, services de l’État et ambassades étrangères.

YOURI LENQUETTE POUR JA

Installé sur la plus haute des Mamelles, le phare est le point culminant de la ville. © YOURI LENQUETTE POUR JA

Fierté nationale

Si le phare est aussi réputé, c’est aussi parce qu’il offre un panorama exceptionnel sur la presqu’île du Cap-Vert. Lorsque le temps est clair, on peut apercevoir le début de la Petite-Côte, de l’autre côté de la baie de Hann, à plus de 50 km. Beaucoup de gens s’y rendent également pour prendre un bol d’air frais ou profiter des magnifiques couchers de soleil sur l’océan. Lorsqu’elle est venue à Dakar pour le Festival mondial des arts nègres, en 1966, la reine Elizabeth II a d’ailleurs été tellement subjuguée par le site qu’elle a demandé au président Léopold Sédar Senghor de pouvoir y camper.

« Ce phare est un monument majeur de notre patrimoine historique et culturel, qu’il faut continuer à préserver », estime Amadou Ndiaye, ex-directeur du service Phares et balises, la division du Port autonome de Dakar à laquelle est confiée la gestion du bâtiment. Sous sa direction, d’importants travaux de réhabilitation ont été effectués entre la fin de 2015 et le début de 2016. L’ambition est de faire vivre le phare et d’y attirer de nombreux visiteurs de tous les âges. Ceux-ci doivent désormais s’acquitter d’un petit droit d’entrée, destiné à financer les efforts d’entretien et de restauration.

Toujours dans cette logique de mise en valeur du site, un bar-restaurant a récemment ouvert ses portes au pied du phare. L’établissement, décoré avec goût, permet de boire un verre, de dîner, ou encore de profiter de soirées « after-work » le vendredi soir. Il entend également devenir un nouveau pôle culturel de la capitale, en organisant par exemple des concerts ou d’autres performances artistiques. Malgré son âge respectable, le phare des Mamelles a encore de belles années devant lui.

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