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Politique

Sénégal : crimes médiatisés et châtiment suprême

Une patrouille de police à Dakar le 22 février 2013.

Une patrouille de police à Dakar le 22 février 2013. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Faut-il rétablir la peine de mort au Sénégal ? Le débat, qu’on croyait clos depuis son abolition, en 2004, s’est invité à l’Assemblée nationale à la faveur de deux récents faits divers survenus à Dakar et dans sa banlieue.

Le premier a eu lieu le 27 octobre, à la station Shell de Yoff. Pour un banal accrochage, un automobiliste a abattu un chauffeur de taxi de 34 ans, Ibrahima Samb, qui devait se marier quelques jours plus tard. Le 19 novembre, nouveau drame : Fatoumata Matar Ndiaye, coordonnatrice départementale des femmes de l’Alliance pour la République (APR, parti présidentiel) à Pikine et cinquième vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) est retrouvée morte, la gorge tranchée. Son chauffeur avoue le crime.

Il n’en faut pas davantage pour enflammer le pays et stimuler les joutes verbales de quelques députés et commentateurs, apparemment pressés de jeter de l’huile sur le feu. C’est le cas de Seydina Fall, député APR, qui promet de déposer une proposition de loi pour le retour de la peine de mort au Sénégal, son chevalde bataille depuis 2013. « Nous n’y sommes pas favorables », résume pour sa part un proche du chef de l’État. Seules deux exécutions capitales ont été enregistrées au Sénégal depuis 1960. La dernière remonte à 1967.

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