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Cet article est issu du dossier «Sénégal : objectif 2017»

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Société

Sénégal : l’aide sociale prend ses marques

Une rue de Dakar. © Siris/Flickr creative commons

Avec la Couverture maladie universelle (CMU), qui donne aux plus démunis un accès gratuit aux soins de santé, le Programme national de bourses de sécurité familiale (PNBSF) est l’un des piliers de la politique sociale engagée par Macky Sall.

Inspiré du programme brésilien Bolsa Família, ce plan quinquennal a pour objectif de sortir 300 000 ménages (environ 3 millions de personnes) de l’extrême pauvreté d’ici à la fin de 2017, grâce à une bourse trimestrielle de 25 000 F CFA (38 euros), soit 100 000 F CFA par an et par foyer éligible. Au-delà du critère de revenus, il faut, pour bénéficier de cette bourse, avoir un ou plusieurs enfants en âge d’être scolarisés (de 6 à 12 ans), la pérennité des versements étant assortie de conditions les concernant (enregistrement à l’état civil, inscription et assiduité à l’école, vaccination régulière jusqu’à l’âge de 5 ans, etc.).

32 milliards de budget

Géré par la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (DGPSN, rattachée à la présidence de la République), le PNBSF a ciblé 50 000 familles lors de sa phase pilote, en 2013, puis 50 000 autres en 2014. Pour la troisième phase, lancée en juin 2015, le nombre d’allocataires a été porté à 200 000 ménages (soit une enveloppe globale de 20 milliards de F CFA), dont la majorité est implantée dans les régions intérieures. Le chef de l’État a décidé en outre d’intégrer parmi les allocataires les personnes vivant avec un handicap détentrices de la carte d’égalité des chances. Par ailleurs, tout allocataire d’une bourse de sécurité familiale bénéficiera désormais de la CMU.

Pour l’exercice 2016, le budget national consacré au PNBSF est de 32 milliards de F CFA. Malgré le bien-fondé du programme en matière de lutte contre l’exclusion sociale, les critiques ne manquent pas. Quelques économistes, considérant que les montants versés devraient plutôt profiter à « des investissements productifs, créateurs de revenus et d’emplois », ont même brandi le risque de voir les allocataires se transformer en « citoyens improductifs » – des rentiers ! Reste à la DGPSN, qui est en train de compiler ses données et enquêtes pour dresser un premier bilan du programme, de démontrer le contraire.

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