Culture

Bande dessinée – Somalie : l’inaccessible Olympe de Samia Yusuf Omar

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Mis à jour le 1 septembre 2016 à 11:00

Couverture de la BD. © Contre-coeur

Rêve d’Olympe, c’est le titre du roman graphique de l’Allemand Reinhard Kleist, qui revient après une longue enquête sur le destin tragique de l’athlète somalienne Samia Yusuf Omar.

Elle s’appelait Samia Yusuf Omar et elle était somalienne. En 2008, elle avait participé aux Jeux olympiques de Pékin en s’alignant sur les séries du 200 m. Elle avait alors battu son record personnel, mais s’était retrouvée bonne dernière. Peu importe, le public avait unanimement salué l’exploit représenté par sa simple participation. L’important, c’est de participer… Et puis elle était repartie vers Mogadiscio avec une seule idée en tête, s’entraîner au mieux pour être présente aux Jeux de Londres, en 2012.

Rêve d’Olympe, c’est le titre du roman graphique de l’Allemand Reinhard Kleist, qui revient après une longue enquête sur le destin tragique de l’athlète. Parce qu’une fois rentrée chez elle, Samia Yusuf Omar ne put jamais s’adonner à sa passion de la course comme elle le souhaitait. D’abord parce qu’il lui fallait aider sa mère, seule au foyer depuis l’assassinat de son père en 2007, mais surtout parce que les Islamistes n’apprécient pas forcément qu’une femme courre… et vont jusqu’à la menacer pour qu’elle cesse.

Déterminée, combative, Samia Yusuf tenta en vain de trouver en Éthiopie le moyen de s’entraîner. Quand son permis de séjour expira, elle décida de rejoindre l’Europe, comme tant de migrants, en passant par le désert et la Méditerranée. Ce périple, qui se termina tragiquement dans les eaux italiennes, Kleist le dessine et le raconte en noir et blanc, avec pudeur et précision. Son hommage au destin de la jeune femme vise aussi à « maintenir notre conscience éveillée, afin que nous nous souvenions que, derrière ces entrefilets évoquant la politique de lutte contre l’immigration clandestine, se cachent des destins, et que derrière l’abstraction des chiffres se dissimulent des vies humaines ».

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Rêve d’Olympe, de Reinhard Kleist, 17 €, collection Contre-coeur.