Sport

Football – RD Congo : peu de gros salaires, beaucoup de galères

Le stade des martyrs dans la ville de Kinshasa - République Démocratique du Congo.

Le stade des martyrs dans la ville de Kinshasa - République Démocratique du Congo. © Antoine Moens de Hase / creative commons

Structures déficientes, ressources incertaines… Les clubs congolais sont tous à la peine. Ou presque.

En RD Congo, le football ne manque ni de ressources ni de talents, mais il est confronté à des problèmes qui ralentissent considérablement son développement, alors que la sélection nationale fait partie du top 5 africain (les Léopards ont décroché la troisième place de la CAN 2015). « En RD Congo, il y a le TP Mazembe et les autres. Le club de Moïse Katumbi est riche et bien structuré. D’autres pourraient l’être.

C’est à se demander si on veut vraiment faire du pays une puissance africaine, car on ne traite pas les problèmes comme il le faudrait », explique un acteur du football congolais qui a requis l’anonymat. Le Français Antoine Sellès, qui a dirigé pendant plusieurs mois le DC Motema Pembe, un autre monument du football congolais, a pu se rendre compte de la complexité de la situation.

« Le TP Mazembe devrait être un exemple à suivre. Katumbi a construit un stade moderne et fonctionnel, avec un système de billetterie opérationnel. Il a développé un centre de formation [la Katumbi Football Académie], attiré des sponsors, tout est bien structuré, et il peut verser des salaires mensuels élevés à ses joueurs [jusqu’à 25 000 dollars par mois, hors primes]. Puis il y en a qui parviennent à s’en sortir parce qu’ils ont derrière eux des mécènes et quelques sponsors : le Vita Club, le Motema Pembe, le SM Sanga Balende, ou encore le CS Don Bosco, qui appartient au fils de Katumbi. Au Motema Pembe, nous avions un budget de 3 millions de dollars (celui de Mazembe serait cinq fois supérieur), avec des salaires allant de 300 à 5 000 dollars. »

Les autres clubs congolais, dont les ressources sont incertaines, naviguent à vue, et certains ne parviennent même pas à terminer la saison, faute de moyens suffisants. Beaucoup de joueurs doivent se contenter de salaires modestes – 200 à 300 dollars par mois –, « et encore, quand ils sont versés », ajoute Sellès.

Et de poursuivre : « Il y a un gros problème de structures. Beaucoup de stades ne sont pas adaptés. Et il y a trop de violence, en partie à cause du manque de sécurité. Cela n’incite guère les investisseurs à injecter de l’argent, alors que, déjà, le sponsoring n’est pas vraiment une tradition en RD Congo. »

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