Politique

Tunisie : Zied Ladhari, une « colombe » chez Ennahdha

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Mis à jour le 03 août 2016 à 20h12
Zied Ladhari, avocat de 41 ans, a été l’un des benjamins de l’Assemblée constituante après la révolution de 2011.

Zied Ladhari, avocat de 41 ans, a été l’un des benjamins de l’Assemblée constituante après la révolution de 2011. © Ons Abid POUR J.A.

Polyglotte et bon communicant, le nouveau secrétaire général du parti tunisien incarne la volonté d’ouverture affichée par les islamistes.

Ennahdha montrera désormais un nouveau visage : celui de Zied Ladhari. Le ministre tunisien de l’Emploi et de la Formation professionnelle est devenu, à 41 ans, le secrétaire général du parti islamiste tunisien. Il succède à un vétéran, l’ancien Premier ministre Ali Larayedh (61 ans), qui s’est vu offrir, en guise de consolation, la deuxième vice-présidence du mouvement.

Ainsi en a voulu Rached Ghannouchi, le leader du parti : c’est en effet lui qui a désigné l’intégralité du nouveau bureau exécutif. Il a présenté la promotion de Ladhari comme un « message positif en direction de la jeunesse tunisienne », qui peine à se reconnaître dans les diverses formations politiques…

Après l’aggiornamento, Ennahdha propose un visage moderne

Ladhari tranche avec l’image traditionnelle du militant nahdhaoui. Avocat polyglotte, bardé de diplômes, inscrit aux barreaux de Paris et de Tunis, il a étudié à Sciences-Po Paris et a été l’un des benjamins de l’Assemblée constituante, en octobre 2011, après la révolution. Il a été, de l’avis général, l’un des députés les plus efficaces de la précédente législature.

Ses qualités de communicant lui ont valu d’être désigné porte-parole du parti, en octobre 2013. Catalogué comme une « colombe », c’est son profil, bien plus que son bilan, assez quelconque, au ministère de l’Emploi, qui justifie sa nomination au secrétariat général d’Ennahdha.

« Au-delà du coup de com destiné à donner du crédit à l’aggiornamento moderniste décidé lors du dernier congrès, en mai, cette option présentait plusieurs avantages pour Rached Ghannouchi, explique un ancien membre du parti. Ladhari est originaire de Sousse, or les Sahéliens n’étaient plus représentés dans les instances dirigeantes depuis l’éviction de Hamadi Jebali.

Et, politiquement, il ne fera d’ombre à personne, car il ne peut pas se prévaloir de la légitimité historique d’un Larayedh ou d’un Jebali, qui ont passé chacun presque deux décennies en prison… »

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