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Cet article est issu du dossier «RD Congo : défis majeurs»

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Politique économique

RDC : loin de Kinshasa, le Kongo central regarde vers Luanda

C’est par le port de Banana, à l’embouchure du fleuve Congo, que transite l’essentiel du trafic de carburant provenant de l’Angola. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.

Le Bas-Congo est devenu le Kongo central, mais c’est bien tout ce qui a changé depuis l’application de la loi de décentralisation, en 2015.

Contrairement à beaucoup d’autres provinces, ses frontières n’ont pas bougé, et même son nom n’est pas vraiment une nouveauté. C’est déjà ainsi qu’était appelée, au lendemain de l’indépendance, cette partie du pays, en référence au royaume historique qui s’étendait entre le Congo voisin et l’Angola. Au Kongo central, l’identité, voire l’unité, des populations bakongos est donc forte. Et Kinshasa est loin.

Après Matadi, l’influence de la capitale s’érode à mesure que l’état des routes se dégrade. Le littoral a les yeux tournés vers le Cabinda, et le trafic transfrontalier bat son plein grâce au bon état des infrastructures de transport dans l’enclave.

Un territoire toujours éloigné du reste du pays

L’Angola et son industrie pétrolière exercent même un véritable attrait auprès de la population locale, et de nombreux Congolais n’hésitent pas à tenter d’immigrer chez le voisin lusophone, où les perspectives de travail semblent bien plus prometteuses. Un mouvement inverse à celui des années 1975-2002, lorsque, pendant la guerre civile, les Bakongos angolais partaient se réfugier de l’autre côté du fleuve.

Un an après la réforme, le sentiment d’attachement de la région à Kinshasa ne semble guère s’être renforcé. Et le fait que la capitale garde la haute main sur les grands projets provinciaux, des ports de Matadi, Boma et Banana aux barrages d’Inga et de Zongo, ne devrait pas inverser la tendance. Loin d’être incarnée par un pouvoir local démuni, la décentralisation reste pour l’instant un vain mot au Kongo central.

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