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Cet article est issu du dossier «RD Congo : défis majeurs»

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Entreprises & marchés

RD Congo : Gentiny Ngobila Mbaka, enfant de la balle

Gentiny Ngobila Mbaka (Congo - RDC), homme d'affaires, gouverneur de la province du Maï-Ndomba à l'Ouest du Congo. A Paris, le 27.06.2016. © Vincentg Fournier/J.A. © Vincent Fournier/J.A.

Homme et femme d'affaires à succès, ou ingénieur hydraulique aux commandes du barrage d'Inga... rencontre avec ces congolais d'aujourd'hui qui construisent leur pays de demain.

Où trouve-t-il le temps ? En l’espace de deux ans, Gentiny Ngobila Mbaka a pris la présidence du Daring Club Motema Pembe (DCMP), l’un des clubs de football les plus populaires de Kinshasa, et a été nommé puis élu gouverneur du Mai-Ndombe, province de l’ouest du pays née de la reconfiguration territoriale, en 2015. Tout en continuant de siéger à l’Assemblée nationale, au bureau du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir), et en dirigeant deux sociétés : Universal Security (sécurité) et G-Com Services (Immobilier).

La sécurité et la politique, des domaines phares

Mais lorsqu’il reçoit dans son bureau de Kinshasa, il disserte passionnément de tout autre chose. Dans l’une de ses nombreuses vies, il fut producteur de musique, en France, ce qui lui a permis de côtoyer son idole, Tabu Ley Rochereau, le roi de la rumba congolaise, décédé en 2013. « Il est la source à laquelle s’abreuvent tous les artistes congolais », lance-t-il, les yeux brillants d’admiration.

Ce caractère hétéroclite, Ngobila Mbaka, 52 ans, l’a hérité de son père, Omer, qui fut joueur pour l’équipe junior du DCMP puis directeur de cabinet au ministère de la Fonction publique dans le gouvernement de Patrice Lumumba, avant de se lancer dans les affaires. Et c’est en France, où son père l’avait envoyé étudier, que Gentiny a lancé ses premières affaires, dans la sécurité et le gardiennage.

« Nos clients étaient de grandes enseignes comme Décathlon ou Carrefour », s’enorgueillit-il. En 1997, après le renversement de Mobutu par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila, il rentre au pays. « J’avais des ambitions politiques, explique-t-il sans ambages. Cofondateur du PPRD, plusieurs fois conseiller ministériel, il est nommé député à la Constituante en 2000, et transfère ses entreprises au pays.

Aujourd’hui, sa société UniSec est l’un des principaux acteurs du secteur de la sécurité, qui profite de la faiblesse de l’État dans ce domaine. « J’ai fait appel à lui pour sécuriser la place du marché. Ses hommes suppléent la police », explique Thierry Bayllon, bourgmestre de Matete.

Un homme discret

Gentiny Ngobila est peu disert lorsqu’il évoque ses entreprises. Il refuse de dévoiler son chiffre d’affaires et reste évasif sur le nombre de ses employés – « des milliers » – ou sur le nom de ses plus gros clients. Sa formule pour éluder les questions : « Lorsqu’on est engagé en politique, il n’est pas bon de tout dire. »

Toujours est-il que cette activité lui permet de participer largement au financement du DCMP (quelque 2 millions de dollars annuels). « Nous avons des partenaires financiers, précise-t-il. Et certains administrateurs du club contribuent aussi, comme le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, qui est un ami d’enfance. » Depuis qu’il a pris la présidence, en 2014, sa renommée est montée en flèche. Où s’arrêtera Gentiny Ngobila Mbaka ?

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