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Cet article est issu du dossier «RD Congo : défis majeurs»

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Assurances

RD Congo : l’ouverture du marché des assurances attire les convoitises

Rawbank et Trust Merchant Bank vont proposer des contrats aux particuliers. © gwenn dubourthoumieu pour j.a.

Le monopole de la Société nationale d’assurances (Sonas) ne devrait plus être qu’un lointain souvenir.

La promulgation en mars du décret libéralisant le secteur pourrait bientôt permettre aux particuliers et aux entreprises de choisir enfin leur assureur. « À l’exception d’une modeste indemnisation en cas d’accident de voiture, la Sonas ne versait le plus souvent rien lors de dommages sur les biens et les personnes, affirme un professionnel installé à Lubumbashi. Jusqu’à présent, les plus grandes entreprises, notamment dans le secteur minier, préféraient s’assurer à l’étranger et faisaient “congoliser” leurs contrats en recourant à des courtiers basés en RD Congo en contact avec la Sonas », précise-t-il.

Banques et entreprises sur le qui-vive

L’ouverture du marché a attisé les convoitises, et deux types d’acteurs étudient actuellement les créneaux à exploiter. Sur celui du grand public, deux banques – Rawbank et Trust Merchant Bank (TMB) – souhaitent profiter de leurs réseaux pour proposer des contrats d’assurance. Sur celui des entreprises, les grands groupes sont déjà à la manœuvre, comme le britannique AON, le sud-­africain Hollard ou l’américain AIG.

« Trois zones intéressent en priorité ces compagnies : le Katanga et l’est de la RD Congo pour leurs secteurs miniers ; et Kinshasa pour le secteur tertiaire. Les banques ont notamment besoin d’assurer leurs transferts de fonds », détaille notre expert lushois.

La libéralisation pourrait être ralentie

Reste que la route semble encore longue avant l’entrée réelle de nouveaux acteurs sur ce marché. L’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (Arca) a bien été instituée, mais son patron n’a toujours pas été nommé.

« Carole Agito, directrice générale de la Sonas et membre influente du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir), s’agite pour retarder le plus possible l’entrée en vigueur d’une libéralisation qui pourrait entraîner la faillite de la société d’ici à quatre ans », estime un observateur averti du secteur.

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