Politique

Zimbabwe : Morgan Tsvangirai, aveu de faiblesse ?

Le leader connaît des difficultés dans son propre camp. © STRINGER/XINHUA-REA

L'opposant zimbabwéen a dévoilé publiquement souffrir d'un cancer. Comme un défi au président Robert Mugabe, qui cache son état de santé.

Il est rare qu’un homme aspirant aux plus hautes fonctions s’avoue malade. Le 27 juin, l’opposant et ancien Premier ministre zimbabwéen Morgan Tsvangirai a révélé être atteint d’un cancer du côlon, détecté un mois plus tôt. Opéré en Afrique du Sud, il suit depuis une chimiothérapie, traitement qu’il lui aurait sans doute été difficile de cacher longtemps.

Transparence nécessaire

En faisant cette déclaration, Tsvangirai, 64 ans, a pris le contre-pied de son rival de toujours, le président Robert Mugabe. « La santé des leaders politiques ne doit pas faire l’objet d’incertitudes et de spéculations », a lancé l’opposant. Une référence directe au secret qui entoure le bulletin de santé de Mugabe.

Si ses fréquents séjours médicaux à Singapour génèrent rumeurs et soupçons, le chef de l’État a pour l’instant déjoué tous les pronostics. Au cours de ces derniers mois, il a fêté ses 92 ans et sa trente-sixième année au pouvoir

Une possible reconfiguration de l’opposition

La déclaration de Tsvangirai est d’autant plus courageuse que son statut de leader de l’opposition n’est plus garanti. En 2013, il a connu sa troisième défaite électorale face à Mugabe. Certes, ce dernier a utilisé des moyens déloyaux pour l’emporter, comme à chaque fois. Mais certains membres du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti de Tsvangirai, ont commencé à douter de ses capacités de meneur : la formation a connu trois scissions depuis…

Surtout, la populaire ancienne vice-présidente, Joice Mujuru, exclue fin 2014 de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir), a rejoint les rangs de l’opposition et créé sa propre formation, le Peuple zimbabwéen d’abord (ZimPF). Tsvangirai et Mujuru devront s’unir s’ils veulent vaincre la Zanu-PF aux prochaines élections générales, prévues en 2018. Cela suppose que l’un d’eux accepte de se mettre en retrait. Pour l’instant, aucune discussion formelle n’a eu lieu entre les deux leaders.

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