Économie

Coton : les Africains doivent augmenter leur productivité

À cause de pluies mal réparties, la production de coton aura été plus faible que prévu en Afrique de l’Ouest lors de la campagne 2015-2016 : 2,3 millions de tonnes de coton-graine, soit 950 000 tonnes de fibre (4,5 % du total mondial).

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Mis à jour le 4 juillet 2016 à 14:38
Gérald Estur

Par Gérald Estur

Consultant, auteur du chapitre "Coton" dans le rapport "Cyclope" 2016

Un paysan au milieu de sa récolte de coton. © Théo Renault pour Jeune Afrique

Une baisse de 15 % par rapport au niveau record de la campagne précédente, heureusement compensée en zone franc par l’évolution favorable du taux de change – une dépréciation de l’euro par rapport au dollar -, qui aura permis d’éviter une trop forte baisse des prix d’achat du coton-graine aux producteurs. Sinon, nous serions repartis vers un effondrement de la production, comme dans la seconde partie des années 2000.

Le Burkina Faso demeure le premier producteur du continent africain avec 250 000 t de fibre, devant le Mali (215 000 t), la Côte d’Ivoire (135 000 t), le Cameroun (115 000 t), le Bénin (105 000 t) et l’Égypte, qui occupait encore la première place en 2007-2008.

Le principal défi pour le coton africain réside dans l’augmentation de la productivité.

Après l’envolée historique de 2011 (plus de 2 dollars la livre), le cours (indice A de Cotlook) est retombé à environ 0,70 dollar la livre depuis deux ans. C’est à peine plus que la moyenne des années 2000 et en deçà des coûts de production dans la plupart des pays producteurs, ce qui explique que le coton soit largement subventionné par les États.

La baisse des cours internationaux est due aux stocks pléthoriques accumulés par la Chine entre 2010 et 2014, représentant un an et demi de la consommation industrielle chinoise, qui diminue. Par ailleurs, face à un polyester plus compétitif, le coton a vu sa part de marché dans les fibres textiles tomber de 45 % en 1995 à 27 % en 2015.

Le principal défi pour le coton africain réside dans l’augmentation de la productivité, car le rendement est inférieur de 55 % à la moyenne mondiale. Pour y parvenir, on devrait optimiser l’utilisation des intrants afin d’atteindre le potentiel des variétés et des techniques culturales actuelles. »