Agroalimentaire

Les producteurs africains de café sont sur des marchés de niche

Par

Edward George est directeur du département recherche d'Ecobank.

Graines de café récoltées en Côte d'Ivoire. © Nabil Zorkot pour les Éditions du Jaguar

Sur les marchés mondiaux, on observe une forte réduction de l'écart de prix entre l'arabica et le robusta.

Cet écart atteint désormais 0,60 dollar (0,54 euro) la livre, contre 1,30 dollar fin 2014 et même un plus haut de 2 dollars en 2011. Cette évolution s’explique d’un côté par un prix du robusta (généralement assez stable) en hausse de 5,9 % depuis le début de l’année en raison d’une production en baisse au Brésil, au Vietnam et en Indonésie, et de l’autre côté par une chute récente du cours de l’arabica (très sujet aux variations de prix), qui voit sa production augmenter. En conséquence, les acheteurs devraient se tourner davantage vers l’arabica sur le marché international et faire peut-être plus de mélanges entre les deux cafés.

L’Afrique maintient le cap

Mais ce phénomène ne se vérifiera pas en Afrique, où l’évolution des cours n’aura vraisemblablement pas de conséquences particulières. Premier producteur du continent, l’Éthiopie consomme 40 % de son arabica et exporte le reste vers l’Europe, le Japon et l’Arabie saoudite, pays qui représente le principal débouché pour le harrar, un type de café éthiopien très particulier.

L’Ouganda, quant à lui, exporte surtout vers l’Europe et le Soudan, tandis que la Côte d’Ivoire exporte 80 % de son robusta vers les pays méditerranéens (Algérie, Espagne, Italie), où son goût amer est très apprécié.

S’agissant du café, les principaux pays africains sont donc sur des marchés de niche. Par conséquent, ils ne seront pas affectés par la variation des cours, et ce d’autant moins que leur production va augmenter cette saison (2015-2016), passant de 268 000 à 285 000 tonnes. »

Fermer

Je me connecte