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Cet article est issu du dossier «Burkina Faso : changement d'ère»

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Energie

Burkina : grande purge dans les cuves de la Société nationale des hydrocarbures

Roch Marc Kaboré, président burkinabè, le 1er décembre 2015, à Ouagadougou.

Roch Marc Kaboré, président burkinabè, le 1er décembre 2015, à Ouagadougou. © Theo Renaut/AP/SIPA

Lourdement endettée, la Société nationale des hydrocarbures espère bientôt apurer ses comptes. En réduisant ses charges et, surtout, en récupérant les créances qui lui sont dues.

Malgré un chiffre d’affaires de 520 milliards de F CFA (environ 793 millions d’euros) en 2015 et une croissance qui devrait atteindre 10 % pour l’exercice en cours, la Société nationale burkinabè des hydrocarbures (Sonabhy) croule sous le poids de la dette. « Nos indicateurs financiers sont au rouge. Nous avons une trésorerie négative de plus de 100 milliards de F CFA, et cela aurait pu être pire si nous n’avions pas bénéficié de la baisse des prix du pétrole », reconnaît Gambetta Nacro, le directeur général de l’entreprise publique.

Cette dette est imputable aux impayés de la Société nationale d’électricité du Burkina (Sonabel), son principal client (qui lui doit 66 milliards de F CFA), et à ceux de l’État (40 milliards de F CFA de subventions), ce qui a empêché Sonabhy de régler ses frais bancaires.

Ce qui devrait radicalement changer la donne, c’est le contrat de plan quinquennal que Sonabhy a signé en juin 2015

En outre, compte tenu de la hausse du dollar, elle n’a pu bénéficier de taux de change avantageux auprès de ses fournisseurs internationaux comme Addax et Trafigura ou la société béninoise de stockage de produits pétroliers Octogone, alors que, dans le même temps, les délais de paiement de ses clients passaient de soixante à quatre-vingt-dix jours… « Nous avons dû recourir à des découverts bancaires onéreux, dont le montant a atteint plus de 30 milliards de F CFA pour la seule année 2015 », déplore Gambetta Nacro.

Pour remettre l’entreprise à flot, la priorité est donc de réduire les coûts. Sonabhy s’est engagée à diminuer ses charges de fonctionnement de 20 %. Surtout, elle fait jouer la concurrence, en invitant un plus grand nombre de multinationales à souscrire à ses appels d’offres : une stratégie qui lui a permis de négocier ses achats d’hydrocarbures à 20 dollars la tonne, soit deux fois moins que la limite maximale fixée par l’État.

Mais ce qui devrait radicalement changer la donne, c’est le contrat de plan quinquennal que la société a signé en juin 2015. Calqué sur celui de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (Onea), il prévoit que l’État assume ses responsabilités en s’acquittant des frais qui lui sont imputables. Le nouveau gouvernement prépare une convention dans ce sens.

Une vraie bouffée d’oxygène pour Sonabhy, qui pourra enfin réaliser les investissements indispensables, estimés à 100 milliards de F CFA. Les plus emblématiques ? L’achèvement de la construction d’un centre de dépôt d’hydrocarbures à Péni, en banlieue de Bobo (d’un coût de 20 milliards de F CFA, il devrait être opérationnel dès janvier 2017) et l’extension des capacités des réservoirs de super et de gasoil d’un autre dépôt, à Bingo, à 60 km de Ouaga.

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