Politique

Histoire : quand la CIA faisait les quatre cents coups en Afrique

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Mis à jour le 20 septembre 2021 à 09:17

Larry Devlin, Chef de station de la CIA Congo. © AP/SIPA

Lumumba, Neto, Mandela… Jugeant ces trois leaders trop « communistes » et donc éminemment dangereux, les États-Unis les combattirent farouchement. Par des moyens fort peu recommandables. Nouvelles révélations.

«Madiba a été le dernier grand libérateur du XXe siècle. » Ce 10 décembre 2013, dans le FNB Stadium de Soweto, Barack Obama ne tarit pas d’éloges sur Nelson Mandela, décédé cinq jours plus tôt. Tous deux ont un point commun : chacun dans son pays a été le premier homme de couleur à accéder à la magistrature suprême. Une consécration doublement improbable, ainsi que le rappelait le même jour le président américain : « Comme l’Afrique du Sud, les États-Unis ont dû surmonter des siècles d’assujettissement racial. »

Jusqu’en 2008, pourtant, le nom de Nelson Mandela, ennemi abhorré des États-Unis avant de se voir sanctifié post mortem, a figuré sur la liste noire des terroristes établie par le Département d’État.

Cinquante et un ans plus tôt, en août 1962, Barack Obama venait de souffler sa première bougie. Nelson Mandela, lui, militait depuis près de vingt ans à l’ANC, dont l’objectif était