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Cet article est issu du dossier «OGM : l'Afrique à tout prix»

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Agroalimentaire

Avec les OGM, les paysans ont été floués !

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Mis à jour le 12 mai 2016 à 14h34

Par  José Bové

José Bové est un altermondialiste, député européen.

La plupart des OGM ne concernent que quelques cultures, principalement le maïs et le soja - et un peu le coton.

La plupart des OGM ne concernent que quelques cultures, principalement le maïs et le soja - et un peu le coton. © Matthew Thayer / AP / SIPA

Il y a une dizaine d’années, les firmes ont utilisé tous les moyens – notamment financiers – pour s’attirer les faveurs des paysans du continent.

Selon Monsanto, les OGM permettraient d’utiliser moins d’herbicides et préserveraient donc la biodiversité : ils seraient ainsi les premiers commerçants à proposer un produit qui fasse chuter leur chiffre d’affaires ! Il suffit de regarder la croissance des ventes de Roundup [herbicide produit par la firme américaine] dans le monde pour se rendre compte que là n’est pas le but. Le premier objectif des compagnies qui produisent des OGM est de mener les paysans à la monoculture. Le deuxième est de les rendre dépendants des semences industrielles et de tuer les semences locales.

Les paysans ne s’y sont pas retrouvés

Les expériences menées en Afrique de l’Ouest ont prouvé l’inefficacité des OGM. En termes de rendements, le cas du Burkina montre bien que le recours au génétiquement modifié ne change absolument rien. Les variétés de coton utilisées dans ce pays se sont par ailleurs avérées de mauvaise qualité. Les fils sont trop courts, ce qui a entraîné un déclassement de la fibre burkinabè, alors qu’elle était justement connue pour être l’une des meilleures au monde !

Il a fallu très vite produire plus pour obtenir les mêmes revenus. Les paysans ne s’y sont pas retrouvés, malgré les promesses qui leur avaient été faites. Toutes ces raisons font qu’aujourd’hui ils rejettent en masse les OGM.

Autre argument développé par l’industrie depuis les années 1980 : les OGM permettraient de nourrir la planète. En fait, ils ne se concentrent que sur quelques cultures, principalement le maïs et le soja – et un peu le coton. Et celles-ci sont toutes à destination de l’exportation et de l’élevage. À aucun moment il ne s’est agi de nourrir les populations.

En Afrique, les essais sur le niébé ou sur le sorgho ne sont rien d’autre que de la propagande, qui nous rappelle d’ailleurs une autre expérience : dans les années 1990, un riz enrichi en carotène était censé révolutionner l’alimentation. Le riz doré a été un échec.

Manger des légumes frais, produits sur place ou achetés au marché, c’est tout de même plus simple et plus équilibré ! Il n’y a pas à tergiverser : les OGM sont un échec industriel.

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