Sport

Football : un Ivoirien en passe de racheter le Racing Club de Lens

Supporters lensois lors d'un match au Stade de France, en 2014. © J.E.E/SIPA

L'homme d'affaires Charles Kader Gooré est en passe de racheter le club français. Ses partenaires ? Des fonds omanais.

Début avril, dans un restaurant huppé des Champs-Élysées. Le téléphone de l’homme d’affaires ivoirien Charles Kader Gooré, patron de CKG Group, ne cesse de sonner. Des quatre coins du globe, on lui propose des occasions à saisir.

Mais ce jour-là, il a une priorité en tête : la conclusion de sa dernière opération, le rachat du Racing Club de Lens, sur lequel il est parvenu à un accord avec Gervais Martel, son président. Une incursion dans le football européen vivement souhaitée par ses partenaires du sultanat d’Oman, actionnaires de CKG, désireux d’imiter les Qataris ou les Émiratis.

Le club français n’était pourtant pas leur premier choix. Depuis la fin de 2014, Charles Kader Gooré avait entamé des discussions avec le club de Brighton, troisième du Championship, le championnat de deuxième division anglais. Mais Gervais Martel, en délicatesse avec la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme du foot français, et qui avait eu vent de l’intérêt de Charles Kader Gooré pour Brighton, n’a pas hésité à se rapprocher de lui, sur le conseil d’amis omanais communs.

Une acquisition riche de symboles

« Le profil de Lens me séduit, c’est un club où sont passés de nombreux Africains, notamment Ivoiriens. De plus, qu’un Africain investisse avec des fonds arabes dans cette région qui vote Front national serait tout un symbole », confie-t-il.

L’opération pourrait être bouclée avant la fin avril, pour permettre au RC Lens de réussir son examen de passage devant la DNCG en mai. Charles Kader Gooré a pour partenaires l’Autorité publique pour la promotion des investissements et le développement des exportations (Paiped) d’Oman, Oman Air et Bank Muscat. « Il ne s’agit pas de faire un coup, mais de monter un véritable projet sportif pour une durée supérieure à cinq ans », explique l’intéressé, qui dit se féliciter d’avoir quitté la Côte d’Ivoire, où toutes ses entreprises ont été confisquées.

« Être pro-Gbagbo m’a été très préjudiciable, mais j’ai réussi à me reconstruire. Et je prie tous les jours pour le président Alassane Ouattara, car le fait que je sois parti du pays m’a ouvert beaucoup de portes », ajoute-t-il, pince-sans-rire. CKG Group achève la construction d’une chocolaterie dans la zone franche de Mascate et reste très actif dans le commerce pétrolier ainsi que dans le négoce du blé ukrainien à destination du Soudan.

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