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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : 4e édition de l'Africa CEO Forum à Abidjan»

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Politique économique

Intégration régionale – Slim Othmani : « Les chefs d’entreprise doivent se rencontrer »

Slim Othmani, le président de NCA Rouiba.

Slim Othmani, le président de NCA Rouiba. © Jacques Torregano/The CEO Forum/JA.

À l'occasion du Africa CEO Forum, qui se tient les 21 et 22 mars à Abidjan - pour la première fois en Afrique -, J.A. a donné la parole aux patrons sur le sujet de l'intégration régionale, essentiel à l'essor de leurs entreprises. Parmi eux : Slim Othmani Président de NCA Rouiba.

« Il y a un consensus sur la nécessité d’une zone économique maghrébine qui permette, dans un premier temps, de fluidifier les mouvements de capitaux et de personnes, puis d’aller vers une intégration régionale. Il y a également un consensus sur les pertes de PIB (2 à 3 points d’après les études) que cela représente pour les cinq pays concernés, Libye et Mauritanie incluses.

Le projet de l’UMA a été évoqué dès la fin des années 1950, mais cela avance très lentement. Les agendas politiques sont différents de ceux du monde économique. La politique pèse à plusieurs niveaux. Outre la situation libyenne, qui perturbe cette construction aujourd’hui, il y a aussi clairement le problème du Sahara occidental. Il ne faut pas se voiler la face par rapport à cela. Par ailleurs, ce projet ne devrait pas s’appeler « Union du Maghreb arabe », un nom très connoté, mais « Union économique du Maghreb » pour clore enfin l’opposition entre « arabité » et « berbérité ». Ensuite, les trois grands pays s’opposent systématiquement au lieu d’agir en synergie : chacun veut son pôle automobile, son pôle médicament, pour couvrir toute la région. Par conséquent, notre raisonnement et notre envie de nous inscrire dans un schéma maghrébin sont parasités par les préjugés, les a priori. Les chefs d’entreprise sont donc précautionneux, sur la défensive : la confiance n’est pas au rendez-vous.

Se poser des questions simples et pragmatiques

Or, pour faire avancer l’intégration régionale, il faut se poser des questions simples et pragmatiques : pourquoi n’y a-t-il pas plus de rencontres entre chefs d’entreprise ? On n’a pas vu une délégation marocaine en Algérie depuis des lustres. À l’inverse, les Algériens ne vont au Maroc que dans le cadre de rencontres internationales. La dynamique algéro-tunisienne marche en revanche plutôt bien, mais la Libye est au plus mal, et la Mauritanie est un trop petit marché.

NCA Rouiba est présent en Tunisie mais pas sur le marché marocain pour des raisons logistiques. Nous souhaitons nous développer, mais la réglementation algérienne ne nous y autorise pas : la fermeture des frontières entrave notre développement, qu’il s’agisse d’échanges commerciaux ou d’investissements dans les pays voisins. Il ne faut cependant pas en conclure que l’Algérie est le principal frein, tout le monde est responsable de l’échec constaté de l’intégration maghrébine. »

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