Société

Hanan al-Hroub, une Palestinienne sacrée meilleure enseignante du monde

Cette Palestinienne a été sacrée meilleure enseignante du monde. Sa méthode pour lutter contre la violence ? Apprendre en jouant.

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Mis à jour le 25 mars 2016 à 11:58

À Dubaï, le 13 mars. © KAMRAN JEBREILI/AP/SIPA

Son accueil triomphal à Jéricho, en Cisjordanie, rappelle celui qu’avait reçu le jeune chanteur Mohammed Assaf, vainqueur de l’émission Arab Idol, en 2013. Hanan al-Hroub est à son tour la fierté de tout un peuple. Le 13 mars, à Dubaï, la Fondation Varkey l’a désignée « meilleure enseignante du monde » au terme d’une cérémonie fastueuse. « J’y suis arrivée, j’ai gagné, la Palestine a gagné ! » lance-t-elle aux spectateurs avant de brandir, tout sourire, son trophée doré. Quelques instants plus tôt, dans un message vidéo, le pape François saluait sa victoire, soulignant « l’importance qu’elle a donné au jeu dans l’éducation d’un enfant ».

Une méthode d’enseignement ludique

Son approche, qui consiste à réduire les comportements violents des écoliers palestiniens, a été forgée par sa propre expérience. Hanan al-Hroub a grandi dans le camp de réfugiés de Dheisheh, au sud de Bethléem. Pendant la seconde Intifada, dans les années 2000, son mari a été blessé par les tirs de soldats israéliens sous les yeux de leurs enfants, choqués. Depuis, cette institutrice a créé une méthode ludique qu’elle met en pratique dans l’école d’Al-Bireh où elle enseigne, près de Ramallah.

Son livre, Jouer et apprendre, s’emploie à démontrer les effets bénéfiques des jeux éducatifs sur le psychisme d’enfants évoluant dans un environnement marqué par la guerre. En plus de son « prix Nobel de l’enseignement », Hanan s’est vu attribuer un chèque d’un million de dollars qu’elle compte affecter au financement de ses programmes. Sabri Saidam, le ministre palestinien de l’Éducation, a qualifié son action de « message de paix » adressé à Israël.