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Cet article est issu du dossier «Afrique de l'Ouest : votre ville change, et vous ?»

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Conso & Distribution

Centres commerciaux : par ici, les classes moyennes africaines !

La galerie marchande Club Sococe, à Abidjan. © OLIVIER POUR J.A.

Répondant aux besoins d'une population dont le pouvoir d'achat s'améliore, les centres commerciaux se multiplient et attirent du monde. Sont-ils rentables pour autant ?

Se balader, manger une glace, aller voir un film, faire ses courses… Du PlaYce Marcory d’Abidjan au Prima Center de Conakry, tous deux ouverts en décembre 2015, en passant par le Sea Plaza de Dakar (le premier mall sénégalais, inauguré en 2010), les centres commerciaux fleurissent au cœur des villes ouest-africaines. Sur 37 complexes existants dans la région, 8 ont ouvert en 2015 (dont 5 au Nigeria) ; 21 autres devraient être inaugurés d’ici à la fin de 2017.

Un décalage entre l’offre et la demande

Confortés par les prévisions de croissance, les investisseurs multiplient les projets. Parmi eux, les nigérians RMB Westport, Actis, Persianas et Novare, le franco-japonais CFAO, les groupes ivoiriens Prosuma, CDCI, et Hyjazi, qui vient d’ouvrir son premier centre commercial hors de Côte d’Ivoire, le Prima Centre Conakry (un investissement de 16 millions d’euros), qui est aussi le premier en Guinée. Leur cible ? « Ceux dont le revenu mensuel est d’au moins 700 euros », indique Julien Garcier, directeur général du cabinet Sagaci Research.

« Nous constatons une hausse du pouvoir d’achat de la classe moyenne émergente et un décalage entre la demande d’une distribution moderne et l’offre existante », confirme Xavier Desjobert, directeur général de CFAO Retail. Le groupe, propriétaire du PlaYce d’Abidjan (20 000 m2), envisage d’ouvrir dans les dix années à venir 80 à 100 sites commerciaux (dont 40 grands centres) dans la zone UEMOA, en joint-venture avec les hypermarchés Carrefour.

Le taux moyen de fréquentation des centres commerciaux reste élevé (12 000 visiteurs par semaine en moyenne)

Les grandes surfaces alimentaires sont souvent les locomotives de ces complexes rassemblant galeries marchandes, restaurants et espaces de loisirs (clubs de sport, salles de jeux, aires pour les enfants…). Des lieux de détente, ce qui explique que, passé l’engouement des premiers mois, le taux moyen de fréquentation des centres commerciaux reste élevé (12 000 visiteurs par semaine en moyenne). Leurs responsables y veillent en organisant des événements. À l’instar du Sea Plaza, qui, fin décembre, a installé un « cinéma éphémère » sur son toit-terrasse, pour six mois, en attendant la livraison de trois salles permanentes.

Une bonne fréquentation mais peu d’achats

Malgré des prévisions de marché optimistes, « on observe une stagnation du nombre de projets, remarque Julien Garcier. Beaucoup de ceux qui ont été annoncés sont en stand-by. Les investisseurs attendent de voir les premiers résultats des centres déjà ouverts ». Il s’agit d’éviter les revers du Morocco Mall de Casablanca, qui semble avoir vu trop grand (250 000 m2) et trop haut de gamme : fin mars, quatre ans après son inauguration, les Galeries Lafayette quitteront le navire, faute de rentabilité.

La superficie moyenne des centres commerciaux ouest-africains est modeste (15 000 à 20 000 m2, contre 32 000 en Afrique du Nord)

« La fréquentation ne se traduit pas forcément par des actes d’achat, confirme Amaury de Féligonde, associé-fondateur du cabinet Okan Consulting. Il faut trouver le bon équilibre pour s’adapter au panier moyen des Africains, qui reste relativement faible. » Pour le moment, la superficie moyenne des centres commerciaux ouest-africains est modeste (15 000 à 20 000 m2, contre 32 000 en Afrique du Nord), et les propriétaires incitent leurs locataires à adopter une politique de prix avec de faibles marges pour un volume de ventes important, plutôt que de pratiquer des tarifs excessifs qui cibleraient une clientèle restreinte. L’objectif est d’être accessible au plus grand nombre et de prendre des parts de marché au commerce informel.


SOURIEZ, VOUS ETES FILMÉS

Le gouvernement ivoirien développe son propre système de vidéo-surveillance dans plusieurs grandes villes du pays. Supervisé par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, ce programme nécessite un investissement de 150 millions d’euros. Sa première phase a commencé à Abidjan, la capitale économique, où plusieurs milliers de caméras doivent être installées sur les grands boulevards et les axes stratégiques.

La seconde étape concernera les autres grandes villes du pays, dont Yamoussoukro, la capitale, Bouaké, Korhogo, Man et San Pedro. Le déploiement de ce dispositif inspiré du modèle des grandes métropoles européennes et américaines a été confié à un consortium composé de l’équipementier chinois Huawei et des groupes français Thales et Orange. Le cœur du système est logé dans l’enceinte du ministère de l’Intérieur, au sein même du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO), une unité mixte d’intervention et de sécurisation du pays.

 

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