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Cet article est issu du dossier «Attentat de Grand-Bassam : après le choc»

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Sécurité

Côte d’Ivoire : après le choc de Grand-Bassam

Grand-Bassam, le 13 mars, après les attaques. © JOE PENNEY/REUTERS

Deux semaines se sont écoulées depuis les attentats de Grand-Bassam, le 13 mars, dont le bilan est de dix-neuf morts et trente-trois blessés. Les Ivoiriens tentent de comprendre et de surmonter le drame. Et l'Afrique de l'Ouest se prépare à de nouveaux assauts.

Arlit et Agadez (24 morts), Bamako par deux fois (27 morts en tout), Ouagadougou (30 morts) et maintenant Grand-Bassam (19 morts)… La macabre série des attaques jihadistes en Afrique de l’Ouest, théâtre récent des exactions commises par les terroristes dans le monde, se poursuit. Demain, sans doute, ce seront Dakar ou Niamey qui seront visées. Ces attentats portent tous la même griffe : Aqmi et ses filiales locales, en l’occurrence la brigade Al-Mourabitoune, dirigée par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Khaled Abou al-Abbas, l’homme le plus recherché du Sahel occidental.

Le mode opératoire est à chaque fois le même : un commando de quelques hommes prêts à mourir s’attaque à un lieu hautement symbolique fréquenté par des étrangers, touristes ou expatriés, mais aussi par des locaux – hôtels, restaurants ou bars -, tire presque à l’aveugle pour faire le plus grand nombre de victimes, prend parfois des otages. Semer la mort ici, dans ces pays dont le dénominateur commun est l’influence et la présence françaises, pour terroriser le reste du monde dans une sordide compétition avec Daesh, qui sur le continent frappe essentiellement au Maghreb, particulièrement en Tunisie, ou en Afrique centrale (Nigeria, Cameroun, Tchad… à travers Boko Haram, qui lui a prêté allégeance).

Les préparatifs, et donc le besoin de communiquer entre eux, sont réduits à leur plus simple expression, rendant le travail des services de renseignements particulièrement complexe

Face à de petits groupes mobiles qui se fondent dans la population, nouveaux mercenaires de ce jihad mondialisé aux objectifs locaux, composés non plus uniquement de ressortissants d’Afrique du Nord, Algériens en particulier, mais désormais également de Subsahariens – Maliens, Burkinabè, Sénégalais, Ivoiriens ou Nigériens – armés de kalachnikovs et qui savent qu’ils n’ont aucune chance de s’en sortir vivants, il est évidemment quasi impossible d’atteindre le risque zéro.

Quelques milliers de dollars suffisent à leur entreprise. Les préparatifs, et donc le besoin de communiquer entre eux, sont réduits à leur plus simple expression, rendant le travail des services de renseignements particulièrement complexe. Un immense défi pour les dirigeants de ces nations comme pour leurs populations, qui, alors qu’ils s’étaient engagés sur la voie de la démocratisation et du développement, pourraient voir leurs efforts sapés par cette nouvelle épée de Damoclès qu’est la menace jihadiste. Ce « Grand angle » tente de répondre aux nombreuses questions qui se posent depuis l’irruption dans cette région de cet insaisissable fléau. Une chose est sûre : la guerre ne fait que commencer…

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