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Cet article est issu du dossier «Côte d'Ivoire : 4e édition de l'Africa CEO Forum à Abidjan»

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Transports

Intégration régionale – Karim Sadek « Les réflexes de préférence nationale sont tenaces »

Karim Sadek, le directeur général de Qaala Holdings.

Karim Sadek, le directeur général de Qaala Holdings. © DR

À l’occasion du Africa CEO Forum, qui se tient les 21 et 22 mars à Abidjan – pour la première fois en Afrique -, J.A. a donné la parole aux patrons sur le sujet de l’intégration régionale, essentiel à l’essor de leurs entreprises. Parmi eux : Karim Sadek, le directeur général de la division transports de Qalaa Holdings.

« Les investissements dans le domaine des infrastructures sont de très grande taille, leur modèle économique est le plus souvent pensé à une échelle régionale. C’est pourquoi l’intégration régionale est un facteur clé de succès pour des investissements comme les nôtres [le fonds Qalaa Holdings est présent en Afrique de l’Est dans le secteur ferroviaire (au Kenya, en Ouganda et au Rwanda), le transport fluvial (en Égypte et au Soudan) et les opérations portuaires]. Sans l’EAC (East African Community), nous n’aurions sans doute pas rénové les anciennes voies ferrées reliant Mombasa (au Kenya) à Kampala (en Ouganda) ni lancé Rift Valley Railways, l’opérateur de la ligne.

L’EAC est certainement l’une des régions les mieux intégrées, parce que les cinq pays qui la composent – Kenya, Tanzanie, Ouganda, Burundi et Rwanda – ont l’habitude de fonctionner ensemble, en particulier depuis l’époque coloniale britannique pour les trois premiers. Ils sont aussi presque tous frontaliers les uns des autres. Reste que les réflexes de préférence nationale sont difficiles à effacer, tout comme la superposition des bureaucraties peine à s’estomper. Par exemple, l’installation d’un guichet unique à Mombasa avec les services douaniers kényans, ougandais et rwandais, permettant le dédouanement des marchandises embarquées sur le rail dès l’arrivée en Afrique de l’Est, met du temps à démarrer. Les services ont du mal à collaborer entre eux mais aussi avec leurs autorités nationales de tutelle.

Kenya, base industrielle régionale

Le Kenya, base industrielle de la sous-région, où le secteur privé joue un rôle clé, est le pays le plus favorable à l’intégration régionale, à la différence de la Tanzanie, qui a toujours promu un État fort, et où il n’y a pas de propriété foncière privée. Les Tanzaniens craignent que les Kényans n’achètent leurs terres et leurs entreprises.

Je suis optimiste quant à la réussite des chantiers de simplification et d’harmonisation des impôts et des douanes, la réalisation des infrastructures routières et ferroviaires régionales et un meilleur partage des moyens de production d’électricité, y compris avec l’Éthiopie et le Soudan du Sud, qui ne font pas partie de la Communauté. La création d’une monnaie unique, but ultime annoncé par les dirigeants de l’EAC, me semble prématurée tant que ces chantiers prioritaires restent à réaliser au cours de ces cinq, voire dix prochaines années. En revanche, je vois apparaître des difficultés autour des nouveaux projets pétroliers et gaziers au Kenya et en Ouganda : on constate que les États ont beaucoup de mal à collaborer pour définir les trajets des pipelines et des usines de liquéfaction. »

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