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Présidentielle au Congo-Brazzaville : l’Église au milieu du village ?

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Prêtres et évêques congolais se rendent à la Cenco, le 12 janvier 2012.

Prêtres et évêques congolais se rendent à la Cenco, le 12 janvier 2012. © JUNIOR D.KANNAH / AFP

Loin de prendre part au débat sur la présidentielle, l’Église veille soigneusement à rester neutre.

« Ici, les clergés ne s’occupent pas de politique », lâche un membre de l’archidiocèse de Brazzaville. Il n’en dira pas plus. Les portes se referment systématiquement dès que l’on tente de comprendre la retenue dont font preuve les prêtres de la rive droite du fleuve Congo.

Rien à voir avec les positions tranchées prises par leurs homologues du Congo d’en face. Les « moments dramatiques » qui ont secoué le pays et sa capitale depuis l’indépendance ne seraient pas étrangers à cette réserve, soutient un autre diocésain.

Il faut remonter à la fin de 2014 pour trouver la dernière sortie médiatique des évêques congolais sur le terrain politique. Un message de Noël de la Conférence épiscopale nationale s’inscrivant clairement contre la modification de certaines dispositions de la Constitution de 2002, notamment celles qui limitaient le nombre de mandats du président de la République.

Sous l’impulsion de Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala, dans le sud du pays, les clergés avaient alors demandé « que l’alternance au pouvoir devienne une règle intangible pour la démocratie » congolaise. Depuis, silence radio, ou presque.

Motus et bouche cousue

Un silence qui en agace certains. « L’Église catholique du Congo affiche une neutralité douteuse », insinue un leader de l’opposition. Dans son viseur, Mgr Anatole Milandou, archevêque de Brazzaville, jugé « très proche du pouvoir et de la première dame ». Il s’agit seulement de « rapports cordiaux entre un pasteur et sa fidèle laïque », rétorque-t-on dans l’entourage du patron de l’Église dans la capitale congolaise.

Dernier grief de ses détracteurs : le 4 mars, à la paroisse Saint-Esprit de Moungali (4e arrondissement de la capitale congolaise), une messe a été donnée à la demande de Joe Washington Ebina, président du collectif rassemblant les victimes des explosions de Mpila. Mgr Milandou a assisté à l’office, mais « s’est abstenu de s’afficher avec des opposants sur la photo de famille prise à la fin du culte », reproche l’un d’eux.

« À sa décharge, c’était le début de la campagne électorale et plusieurs candidats avaient pris part à la cérémonie », s’empresse de justifier un abbé brazzavillois. Au Congo, « l’Église reste bien au milieu du village, assure-t-il. Préservation de la paix sociale chèrement acquise oblige ».

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