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Cet article est issu du dossier «Santé : cliniques privées et hôpitaux publics s'allient en Afrique»

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Les entreprises de santé peuvent compter sur les financiers

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Mis à jour le 22 mars 2016 à 11h13
Congo Brazzaville : hôpital spécialisé dans la ville d'Oyo.

Congo Brazzaville : hôpital spécialisé dans la ville d'Oyo. © Antonin BORGEAUD pour les Éditions du Jaguar

Les établissements privés suscitent l’intérêt des capital-investisseurs. I&P, Africinvest et l’IFC, entre autres, misent sur ce domaine en plein développement.

Depuis cinq ans, les fonds de capital-investissement lorgnent du côté des cliniques privées, des distributeurs pharmaceutiques et des équipementiers médicaux. L’amélioration du niveau de vie, l’émergence d’une classe moyenne urbaine, le développement de la couverture maladie et des assurances, mais aussi une demande croissante pour des soins de qualité expliquent cet intérêt pour le secteur de la santé. D’autant que l’offre n’est pas à la hauteur. Entre des cliniques privées trop onéreuses et des structures publiques dont la qualité de service est déficiente, une offre intermédiaire, standardisée, de qualité et à un coût abordable s’impose.

Parallèlement, nombre de médecins et de pharmaciens formés à l’étranger manifestent l’envie d’entreprendre. « On voit de plus en plus de praticiens se regrouper pour essayer de créer des centres de soins et des cliniques. Nous sommes approchés par des entrepreneurs à la recherche de financements à long terme, en fonds propres, pour faire franchir une étape à leur entreprise », souligne Jérémy Hajdenberg, directeur général adjoint chez Investisseurs & Partenaires (I&P).

Apport de capitaux

Le secteur de la santé en Afrique recueille près de 20 % des investissements d’I&P, qui ambitionne de devenir un partenaire stratégique, participant à la gouvernance et au pilotage, et pouvant mettre en place de l’assistance technique. Le groupe est ainsi entré à hauteur de 29 % au capital de Nest, un centre de soins à Dakar spécialisé dans la maternité et la pédiatrie et doté d’un service de réanimation pour les nouveau-nés. « Dans le cas de Nest, nous avons regardé attentivement les aspects réglementaires, les questions d’assurance, placé à la gouvernance de l’entreprise un médecin réputé », indique Jérémy Hajdenberg. I&P étudie actuellement deux projets en Afrique de l’Ouest : une maternité et un centre de cardiologie.

Chez Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD) qui intervient dans le financement du secteur privé, cinq à dix dossiers sont sur la table. « En dehors de l’Afrique du Sud, du Kenya et de l’Afrique du Nord, l’offre de cliniques privées est très étroite, éclatée, non structurée. Nous investissons très en amont, en fonds propres, car le principal besoin pour les structures est de grossir, de monter en gamme, d’être consolidées », relève Julien Lefilleur, responsable de la division des secteurs manufacturier, agro-industriel et des services de Proparco.

Une vraie stratégie panafricaine

En décembre, le groupe a investi 8 millions de dollars (7,3 millions d’euros) aux côtés de la Société financière internationale (IFC, filiale de la Banque mondiale) pour prendre 15 % de Ciel Healthcare (CHL), filiale du groupe mauricien éponyme, afin de développer une chaîne d’hôpitaux privés en Afrique subsaharienne. « Proparco a investi dans CHL car c’est un groupe industriel avec une vraie stratégie panafricaine, explique Anne-Sophie Rakoutz, chef de la division private equity chez Proparco. Il vise la création de « hub and spoke » [réseau de grands et de petits centres], pour avoir des acteurs intégrés soit dans un ensemble régional, soit dans chaque pays. L’aspect taille critique pour proposer des soins de qualité à un coût abordable est important. Ce qui nous a également intéressés, c’est que CHL travaille avec Fortis Healthcare, leader indien de la gestion hospitalière, et bénéficie d’un transfert d’expertise et de technologies éprouvées. »Deux hubs sont déjà en place, à Maurice et en Ouganda. CHL comprend aujourd’hui 4 hôpitaux, 21 cliniques et 1 laboratoire, et vient de finaliser une prise de participation dans Hygeia, premier fournisseur privé nigérian de services de santé.

De son côté, après avoir investi dans Tunisian Health Care Centers (THCC), un groupe de centres de santé, le fonds d’investissement Africinvest étudie le financement d’une seconde opération de ce type en Afrique subsaharienne. « En Tunisie, notre positionnement est axé sur les pathologies lourdes, et nous avons fait le choix de viser une accréditation européenne, car nous souhaitons développer des relations avec les grands prescripteurs que sont les compagnies d’assurances », indique Aziz Mebarek, cofondateur d’Africinvest.

D’ailleurs, les assureurs eux-mêmes ne sont pas en reste, qui participent à l’extension de la couverture médicale tout en proposant leurs propres établissements de soins. « En Afrique anglophone, des modèles de type HMO [structures médicales développées par les assureurs eux-mêmes] se mettent en place. Ces modèles vont progresser et devraient se propager sur le reste du continent », souligne Aziz Mebarek.

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