Société

Maroc : Mohammed VI, travailleur social

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Le roi avec des travailleurs du centre, le 15 février, à Salé. D'une moyenne d'âge de 24 ans, ces derniers perçoivent le smig et bénéficient d'une couverture sociale.

Le roi avec des travailleurs du centre, le 15 février, à Salé. D'une moyenne d'âge de 24 ans, ces derniers perçoivent le smig et bénéficient d'une couverture sociale. © AZZOUZ BOUKALLOUCH/MAP

À l’occasion du lancement de la 18e campagne nationale de solidarité le 15 février, le roi a inauguré le premier centre de formation pour les personnes en situation de handicap mental, édifié par la fondation Mohammed V.

Ils s’appellent Anas, Amina, Zakaria… Tous ont le sourire derrière leurs comptoirs flambant neufs où sont disposés des pâtisseries, du poulet fermier, des légumes bio ou des plantes pour ceux qui veulent égayer leur jardin. Chacun a sa boutique, qu’il entretient et dont il est responsable. « Les prix [modérés] sont fixes. Alors pas de marchandage ! » nous avertit Amina, en échangeant un regard complice avec ses collègues, tous en situation de handicap mental comme elle. À l’entrée de cet espace de vente pas comme les autres, Yassine Bakhbaz, éducateur spécialisé, ne cache pas sa satisfaction : « C’est leur premier travail. Ils veulent montrer à la société qu’ils ne sont plus un fardeau pour leurs parents et qu’ils peuvent se prendre en charge. »

Nous sommes à Salé, au Centre d’insertion et d’aide par le travail (CIAT), inauguré par Mohammed VI le 15 février à l’occasion du lancement de la 18e édition de la campagne nationale de solidarité, un rendez-vous annuel de la Fondation Mohammed-V destiné à lever des fonds auprès du public pour financer ses actions sociales.

Un projet conçu selon les principes du commerce équitable

Le CIAT est une première au Maroc. Présentant des similitudes avec les modèles d’insertion professionnelle français et belge, il a pour objectif de permettre aux personnes en situation de handicap mental d’avoir un métier après une formation adaptée de deux ans. Situé sur un terrain de 7 ha, d’un coût de 36,5 millions de dirhams (environ 3,3 millions d’euros), le centre est un projet intégré conçu selon les principes du commerce équitable.

Il comprend une ferme pédagogique, un espace de vente, un restaurant et un atelier de montage de chaises roulantes. D’une moyenne d’âge de 24 ans, les 41 travailleurs du centre sont assistés par quelques auxiliaires qui les aident à parfaire leurs connaissances dans le service de table, la boulangerie, les techniques de vente et qui, lorsqu’ils calent, leur soufflent l’information à donner au client… Plus tard, lorsqu’ils auront acquis suffisamment d’autonomie, ces travailleurs pas comme les autres pourront créer leurs microentreprises et bénéficier d’une assistance de la Fondation dans le montage de projets.

En contrepartie de leur travail, ils perçoivent le smig local, près de 2 300 dirhams net, et disposent d’une couverture sociale. La loi ne permettant pas aux personnes en situation de handicap mental d’accéder à l’emploi – contrairement aux handicapés physiques, qui bénéficient d’un quota d’embauche dans les administrations publiques -, il a fallu mettre en place un nouveau dispositif juridique pour les embaucher, incluant les parents, qui sont les tuteurs, la Fondation Mohammed-V pour la solidarité et le ministère de la Justice, lequel valide les contrats de recrutement.

La fondation Mohammed V

Depuis sa création, en 1999, la Fondation Mohammed-V, épine dorsale de la politique sociale du roi, a investi près de 340 millions de dirhams dans les actions en faveur de personnes en situation de handicap. Ce n’est là qu’un volet des innombrables actions pour les démunis qu’a menées, sur les directives du souverain, Zoulikha Nasri, son ancienne conseillère, décédée en décembre 2015.

Scolarisation en milieu rural, accès aux soins, actions culturelles, accueil des immigrés… En dix-sept ans d’existence, la Fondation a touché près de 5,7 millions de Marocains et engagé 5,1 milliards de dirhams grâce aux dons collectés auprès du public pendant la semaine de solidarité, mais aussi auprès des grandes entreprises qui la soutiennent. Au palais royal, le décès de celle qu’on surnommait la dame de fer a certes été ressenti comme un choc, tant son nom était indissociable de l’action sociale du roi. Mais si la Fondation a perdu l’une de ses animatrices, sa route est de longue date tracée par le roi qui l’a créée et ne cesse, depuis, d’y veiller.

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