Politique

Togo : Jean-Pierre Fabre, Mr President

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L'ancien bras droit de Gilchrist Olympio.

L'ancien bras droit de Gilchrist Olympio. © VINCENT FOURNIER/J.A.

Le patron de l’Alliance nationale pour le changement dispose désormais d’un statut légal de chef de file de l’opposition togolaise.

«Il a rang de président d’institution conformément aux règles du protocole d’État », indique le compte rendu du Conseil des ministres du 25 janvier. Arrivé second lors des scrutins présidentiels de 2010 et de 2015, patron de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), deuxième formation politique du pays, Jean-Pierre Fabre, 63 ans, vient d’obtenir le statut de chef de file de l’opposition. À ce titre, il bénéficiera désormais de voitures avec chauffeur, de personnel de sécurité, d’un salaire… Une étape supplémentaire dans son ascension politique.

Une carrière dans l’opposition

Né de père d’origine française et de mère togolaise, Fabre a enseigné à l’université du Bénin (actuelle université de Lomé), avant d’être le secrétaire général d’un cabinet d’architectes dans les années 1980. En 1992, l’opposant historique Gilchrist Olympio fait de lui son chargé de communication, puis le secrétaire général de l’Union des forces du changement (UFC). En 2010, Olympio étant empêché de concourir à la présidentielle, « JPF » est mis sur orbite pour le suppléer avant de montrer une volonté d’indépendance. S’ensuit une crise à l’UFC qui débouche sur la création de l’ANC. Lors des législatives de juillet 2013, celle-ci, avec 19 sièges, supplante l’UFC (3 sièges).

Un mois plus tôt, en juin 2013, une loi prévoyant le statut du chef de l’opposition avait été votée. Mais son décret d’application n’a été adopté que ce 25 janvier. Fabre, qui conteste toujours le résultat de la présidentielle d’avril 2015, n’avait jamais réclamé la mise en œuvre de ces dispositions. Ce 13 janvier, il a fini par écrire au « chef de l’État », Faure Gnassingbé, pour demander des réformes politiques et l’organisation des élections locales. Pour le camp d’en face, « il reconnaît ainsi implicitement sa défaite ». Certains observateurs craignent que ce statut ne soit un cadeau empoisonné du pouvoir, destiné à accentuer les divisions au sein d’une opposition déjà très affaiblie.

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