Sécurité

Niger : révélations sur la tentative de putsch

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Mis à jour le 22 janvier 2016 à 20h19
Unité de l'armée lors du défilé de la fête nationale, à Dosso, en décembre 2014.

Unité de l'armée lors du défilé de la fête nationale, à Dosso, en décembre 2014. © VINCENT FOURNIER/J.A.

Directement impliqué aux côtés d’autres unités dans la tentative de coup d’État déjouée à la mi-décembre, le Groupe d’intervention des forces spéciales a été, selon nos informations, dissous il y a plus d’une semaine sur ordre du président Mahamadou Issoufou.

Ce corps d’élite antiterroriste était composé d’une centaine d’hommes formés par des instructeurs français. Il était logé au sein même du complexe présidentiel et était parfois présenté comme le bras armé de la Direction de la sécurité extérieure (DGDSE), les services spéciaux. Or le commandant Issoufou Oumarou, son patron, était l’un des chefs du complot. Avec l’arrestation, le 12 janvier à Lomé (Togo) où il s’était réfugié, de l’un des adjoints de ce dernier (il a été depuis extradé vers le Niger), tous les officiers soupçonnés d’être impliqués sont sous les verrous. C’est le 15 décembre que le groupe a été démantelé, le « coup » – qui comportait notamment le bombardement du palais présidentiel par des hélicoptères Mi-35 et sa prise d’assaut par le groupe du commandant Oumarou – étant prévu pour le 18. Les putschistes, dont certains avaient confié leurs projets à des marabouts et cherché à sensibiliser à leur cause des membres de la Garde présidentielle, ont manifestement manqué de prudence et de discrétion.

Le général Souleymane Salou a depuis sa cellule écrit une lettre au président Issoufou dans laquelle il sollicite son pardon

Ceux qui étaient absents de la capitale ont ainsi naïvement répondu à des convocations individuelles leur enjoignant de se rendre à Niamey pour affaire les concernant, sans se douter qu’ils allaient y être cueillis par la gendarmerie. Celui qui était censé prendre la tête de la junte, le général Souleymane Salou, qui était chef d’état-major sous le régime précédent, a depuis sa cellule écrit une lettre au président Issoufou dans laquelle il sollicite son pardon et affirme qu’il n’avait pas l’intention de l’éliminer. Chargée de l’affaire, la justice militaire a déjà procédé à une douzaine d’inculpations. Le procès ne se tiendra pas avant plusieurs mois.

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