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En mars 2011, dans une rue de Sfax. Depuis, et malgré le chemin parcouru, l’heure n’est plus au romantisme. Cible des critiques : les politiciens.

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Tunisie : la révolution, cinq ans après

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[Chronologie] Tunisie : genèse chaotique d’une démocratie

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Mis à jour le 19 janvier 2016 à 13:59

Membres du Quartet tunisien, gagnant du prix Nobel de la paix 2015, le 10 décembre à Oslo. © Cornelius Poppe/AP/SIPA

De l’immolation de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010 à l’attentat du 24 novembre 2015 à Tunis, voici les grandes dates de la nouvelle démocratie tunisienne.

Une affiche représentant Mohamed Bouazizi, le marchand ambulant qui s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010.

Une affiche représentant Mohamed Bouazizi, le marchand ambulant qui s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010. © Hassene Dridi/AP/SIPA

2010 – 2011

17 décembre 2010 : Mohamed Bouazizi s’immole par le feu. Il ne portait pas de revendications, mais son geste déclenche l’ire des tunisiens.

14 janvier 2011 : fuite de Zine el-Abidine Ben Ali. Sami Sik Salem, membre de la sécurité présidentielle, convoque le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, pour qu’il assure temporairement le pouvoir.

Avril 2011 : Ennahdha, Ettakatol, et le Congrès pour la République font un pacte secret pour remporter les élections et se répartissent les rôles. En coulisses, Ennahdha avait laissé entendre à Béji Caïd Essebsi qu’il serait son candidat à la présidentielle.

23 octobre 2011 : élection d’une Assemblée constituante. Les islamistes remportent 89 sièges sur 217.

12 décembre 2011 : Moncef Marzouki est élu président de la République par l’Assemblée nationale constituante (ANC).

Des manifestants de Siliana, le 30 novembre 2012

Des manifestants de Siliana, le 30 novembre 2012 © Amine Landoulsi/AP/SIPA

2012

9 avril 2012 : Des milices islamistes et celles des Ligues de protection de la révolution interviennent aux côtés des forces de l’ordre pour mater une manifestation de la société civile.

14 septembre 2012 : attaque de l’ambassade américaine à Tunis par les salafistes d’Ansar el-Charia (4 morts, 46 blessés et 15 millions de dollars en dédommagement). Les liens entre islamistes au pouvoir et extrémistes se confirment.

27 novembre 2012 : les habitants de Siliana s’insurgent contre un gouverneur clientéliste. Les forces de l’ordre tirent à la chevrotine, de nombreux civils sont touchés aux yeux.

Un portrait de l’opposant assassiné Chokri Belaid déployé au cimetière de la banlieue de Tunis où il est enterré, le 8 février 2014.

Un portrait de l’opposant assassiné Chokri Belaid déployé au cimetière de la banlieue de Tunis où il est enterré, le 8 février 2014. © Fethi Belaid/AFP

2013

6 février 2013 : assassinat de Chokri Belaïd. Ce crime politique, non élucidé, provoque une immense émotion nationale et la démission du gouvernement Hamadi Jebali.

20 février 2013 : une grande quantité d’armes est saisie à Mnihla (Tunis). Des hommes d’affaires sont cités dans le dossier mais nullement inquiétés.

25 juillet 2013 : assassinat de Mohamed Brahmi. Les Tunisiens investissent la place du Bardo, pendant quarante-cinq jours. Moncef Marzouki envisage d’utiliser la manière forte. Le président de l’ANC, Mustapha Ben Jaafar, suspend ses travaux.

29 juillet 2013 : huit militaires sont égorgés par des jihadistes au cours d’une embuscade dans le massif du Chaambi.

14 août 2013 : Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi se rencontrent au Bristol, à Paris. Ils s’accorderont sur plusieurs points : écarter Moncef Marzouki, lever l’exclusion des anciens du régime Ben Ali et la limite d’âge des candidats à la présidentielle.

25 octobre 2013 : l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’allie au patronat (Utica), à l’ordre des avocats et à la Ligue tunisienne des droits de l’homme pour imposer un dialogue national. Objectifs du quartet : imposer à l’ANC une feuille de route pour parachever la Constitution et aller vers des élections.

Le président Béji Caïd Essebsi, le 30 juin 2015, à Tunis.

Le président Béji Caïd Essebsi, le 30 juin 2015, à Tunis. © Fethi Belaid/AFP

2014

26 janvier 2014 : adoption de la nouvelle Constitution. Rached Ghannouchi n’a pas quitté de la nuit les coulisses de l’hémicycle pour s’assurer que l’ensemble des députés d’Ennahdha votent le texte.

29 janvier 2014 : installation du gouvernement Mehdi Jomâa.

26 octobre 2014 : élection de l‘Assemblée des représentants du peuple.

21 décembre 2014 :  Béji Caïd Essebsi est élu président de la République.

Des membres du parti politique au pouvoir en Tunisie, Nidaa Tounes, rendent hommage aux victimes de l’attentat de Tunis, le 24 novembre 2015..

Des membres du parti politique au pouvoir en Tunisie, Nidaa Tounes, rendent hommage aux victimes de l’attentat de Tunis, le 24 novembre 2015.. © AFP

2015

18 mars 2015 : attentat du musée du Bardo.

26 juin 2015 : attentat d’El-Kantaoui. Les services britanniques constatent les faiblesses des services tunisiens.

9 octobre 2015 : le quartet du dialogue national remporte le prix Nobel de la paix.

24 novembre 2015 : attentat de Tunis contre un bus de la garde présidentielle. Les renseignements tunisiens savaient que celle-ci étaient une cible potentielle.