Politique

RDC – Le cardinal Monsengwo : Dieu, Kabila et lui

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Mis à jour le 12 juillet 2021 à 07:27

À Rome, le 20 novembre 2010. Ce jour-là, Benoît XVI l’a fait cardinal.

Le cardinal Monsengwo, c’est bien plus qu’un homme d’Église. Révéré dans son pays, il est rangé parmi les opposants au chef de l’État. Portrait d’un homme très influent, qui a depuis longtemps renoncé à mâcher ses mots.

Ses fines lunettes à monture dorée sont dotées de verres à teinte variable, qui s’obscurcissent au soleil. À Kinshasa, où il est archevêque, comme à Rome, où il se rend tous les deux mois pour conseiller le pape, le cardinal Monsengwo passe sans cesse de la pénombre des églises à la lumière crue de la rue.

Ombre et lumière. Pouvoir spirituel et pouvoir temporel. Laurent Monsengwo Pasinya a passé sa vie à la frontière – poreuse – entre ces deux univers. Malgré son tempérament réservé et sa diction lente, ce piètre orateur a réussi un parcours inégalé sur le continent. Premier Africain à obtenir un doctorat en Écritures saintes, à Rome, en 1970, il a été ordonné évêque à 40 ans, un record national de précocité. Créé cardinal par Benoît XVI en 2010, il a parfois été présenté comme « papabile ». En 2013, c’est le pape François qui l’a promu en faisant de lui l’unique Africain membre du « C9