Musique

Musique – « Zarabi » d’Oum : songe d’une nuit dans le désert

La marraine du festival Taragalte, consacré à la culture des peuples nomades.

La marraine du festival Taragalte, consacré à la culture des peuples nomades. © LAMIA LAHBABI

Avec « Zarabi », un album enregistré au gré du vent et de la nature, la Marocaine Oum confirme son talent.

Oum, un nom noble et une voix sensuelle. En tournée avec son dernier album, Zarabi (« tapis » en arabe), l’artiste marocaine défend avec aplomb et sérénité une musique métissée. Mélange d’influences et de rencontres, l’album est un mix de rythmes marocains, berbères et gnawas, de nouba arabo-andalouse et de sons cubains. Composé et écrit sous l’émotion de sa précédente tournée, entre deux concerts, les voyages et les répétitions, l’album est intense et fait appel à tous les sens. Le désert y est omniprésent, et pour cause, Zarabi a été enregistré au gré du vent et de la nature, au sud-ouest de Ouarzazate, à M’hamid El Ghizlane. Un village dans lequel Oum puise son inspiration et auquel elle est très liée. Marraine de son festival de la culture des peuples nomades, Taragalte (de l’ancien nom de la localité), l’artiste y séjourne régulièrement. « Les villageois, soucieux de leur environnement, ont une approche du Sahara et du monde rural que j’apprécie. Il y a là de la grandeur et de l’humilité. Une perte totale de repères », confie l’artiste casablancaise qui déjà, dans son premier album, Soul of Morocco, avait consacré un morceau à Taragalte.

J’aime penser que ces femmes enferment dans les nœuds de leurs tapis les émotions qui les traversent. Comme je le fais avec un album, dit-elle

À travers ses textes, Oum rend un hommage particulier aux femmes tisseuses, qui fabriquent des tapis (zarabi) à partir de vêtements usagés qu’elles recyclent. « J’aime penser que ces femmes enferment dans les nœuds de leurs tapis les émotions qui les traversent. Comme je le fais avec un album », dit-elle. « La paupière ferme, le désir ouvre son palais. Dans la ruelle des amants, l’oranger diffuse son essence. La nuit se fige, le pouls se hâte, la raison s’égare et retombe en enfance. » Dans « Hna » et tout au long de l’album, Oum manie la poésie et la métaphore. Conteuse au clair de lune, elle use de mille tournures pour parler d’amour.

Avec ce second opus, la jeune femme confirme son style : « Soul of Morocco était ma carte de visite et j’avais besoin de m’affirmer pour me présenter en France. Dans Zarabi, je ne suis pas une performeuse. Je suis plus confortable et j’offre un moment à partager », confie-t-elle, enthousiaste.


Zarabi, d’Oum (Music Development Company/Lofmusic)

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte