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Cet article est issu du dossier «Daesh : la cible africaine»

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Sécurité

Daesh : le sud de la Libye est-il vraiment en ligne de mire ?

Tanks devant l'antenne radio, Syrte, Libye, 18 février 2015 © Mohamed Ben Khalifa/AP/SIPA

Faut-il croire le ministre français de la Défense quand il affirme que Daesh lorgne le sud de la Libye ?

Un officier chargé des renseignements se montre plus mesuré : « Difficile à dire. On est encore un peu dans le brouillard. Mais c’est une possibilité. » Les services de renseignement des voisins méridionaux de la Libye estiment eux que le risque est réel. Le rapport de l’ONU daté du 19 novembre consacré à la menace terroriste en Libye confirme ces craintes : l’EI « est surtout présent dans son bastion de Syrte, mais il pourrait tenter de nouer des alliances locales pour étendre son emprise territoriale ». En 2014, le groupe a même annoncé qu’il subdivisait la Libye en trois provinces : la wilaya tripolitaine (avec Tripoli et Syrte), la wilaya Barqa (avec Derna et Benghazi) et la wilaya du Fezzan (le Sud).

Pour autant, selon des sources au sein des services de renseignements français, il s’agit pour l’heure d’une hypothèse plus que d’une réalité. « La menace n’est pas avérée », admet un officier proche du dossier. « À notre connaissance, renchérit un de ses homologues sahéliens, Daesh est descendu jusqu’à Waddan, pas plus bas. Nous n’avons aucune preuve de sa présence à Sebha, ni même de son intérêt présent pour le Sud libyen. »

Selon l’ONU, l’EI se heurte pour l’heure à « une forte résistance de la population »

Pour étendre son emprise, l’EI devra passer des alliances locales. Le contexte s’y prête dans le Sud : depuis plusieurs mois, des hommes y affluent en provenance du Tchad, du Niger, du Mali et du Soudan en quête de milices qui voudraient bien d’eux. Certaines d’entre elles, désireuses de nouer des liens pour renforcer leurs positions (et notamment s’adjuger le contrôle des champs pétroliers, une des cibles de Daesh) pourraient être tentées de s’allier à cette organisation, même si elles ne partagent pas son idéologie. Cependant, selon l’ONU, l’EI se heurte pour l’heure à « une forte résistance de la population ».

Ceux qui sillonnent le Fezzan se montrent pour leur part sceptiques. « Il n’y a pas plus l’EI qu’Al-Qaïda ici », tranche un Touareg qui connaît bien la région. Un autre Touareg, Ahmed Baye, une figure de la région d’Oubari, reconnaît qu’« on les voit », qu’« ils se déplacent » (avec les migrants venant de Somalie et d’Érythrée notamment), mais que pour l’instant « ils sont discrets » et « ne cherchent pas à imposer quoi que ce soit ».

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