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Cet article est issu du dossier «Terrorisme : les nouvelles menaces qui pèsent sur l'Afrique»

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Sécurité

Lutte contre le terrorisme : Alger, une capitale forteresse

À l'aéroport international Houari-Boumédiène, les voyageurs doivent franchir six points de contrôle. © FREDERIC REGLAIN/ASKIMAGES

Alors que les attentats de Paris ont révélé les failles sécuritaires de l'Europe, comment le continent, qui conjugue à la fois une grande habitude et une vraie impuissance, lutte-t-il contre les groupes jihadistes ? Focus sur la capitale algérienne.

Alger, mardi 11 décembre 2007. Deux voitures kamikazes explosent devant le siège du Conseil constitutionnel ainsi que face au bâtiment de la représentation de l’ONU, faisant des dizaines de morts et plus d’une centaine de blessés.

Ces attaques faisaient suite à deux autres, qui ont visé en avril de la même année le palais du gouvernement ainsi qu’un commissariat de la banlieue. Là encore, les terroristes avaient utilisé des véhicules piégés. Depuis, en près de huit ans, aucun attentat n’a pu être perpétré dans cette métropole de 3 millions d’âmes. Comment les Algériens sont-ils parvenus à la sécuriser ? Grâce aux barrages. Sur tous les axes routiers menant à la capitale, policiers et gendarmes munis d’un détecteur d’explosifs appelé Fennek filtrent jour et nuit le passage des véhicules qui entrent en ville. Si les Algériens râlent contre les embouteillages monstres créés par ces barrages, ils n’en comprennent pas moins l’impératif sécuritaire.

Des moyens importants pour lutter contre la menace terroriste

Les services de sécurité disposent également de physionomistes, des experts qui ont mémorisé les photos des activistes recherchés pour appartenance à des groupes armés. Ils sont entraînés à détecter les mouvements suspects de personnes lors des check-points. Des caméras installées dans les rues, devant les bâtiments des entreprises ou des grandes administrations permettent également d’établir une vidéosurveillance permanente d’Alger. En outre, la gendarmerie dispose d’un fichier national de l’ADN des terroristes vivants ou morts ainsi que des échantillons de celui de leurs proches. Ce fichier est susceptible d’être rapidement utilisé durant les enquêtes pour identifier les personnes interpellées ou tuées.

Les autorités ont exigé l’identification de chaque puce mise en vente sur l’ensemble du territoire

Et le travail d’infiltration n’est pas des moindres. Plusieurs attentats ont pu être déjoués, des armes récupérées ainsi que des terroristes éliminés ou interpellés grâce à des hommes qui ont pu s’introduire au sein de groupes armés actifs dans les maquis. Des milliers de policiers en civil sont également déployés dans les quartiers du centre-ville et de la banlieue pour faire remonter quotidiennement des flots de renseignements aux divers services chargés de la lutte contre le terrorisme. Parce que certains attentats-suicides ont été commis via l’activation à distance de téléphones portables ou parce que des terroristes utilisent des puces anonymes pour communiquer, les autorités ont exigé l’identification de chaque puce mise en vente sur l’ensemble du territoire.

Les opérateurs téléphoniques ont également l’obligation de fournir aux services concernés, sous autorité judiciaire, les fadettes de tous les appels entrant dans le cadre d’une enquête liée à la sécurité nationale. Certes, le risque zéro n’existe pas. Mais cette stratégie est d’une redoutable efficacité. La sécurité mise en place autour de l’aéroport international Houari-Boumédiène, ciblé par un attentat en 1992 puis par le détournement d’un airbus d’Air France en 1994 par le Groupe islamique armé, en est un bel exemple. De l’entrée de l’aéroport jusqu’à la porte de l’avion, le voyageur doit franchir six points de contrôle : trois portiques et trois fouilles au corps.

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