Politique

Birmanie : la longue marche d’Aung San Suu Kyi

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Mis à jour le 16 novembre 2015 à 16:02

Rangoon,9 novembre. © GEMUNU AMARASINGHE/AP/SIPA

« Nous entendons aujourd’hui la voix du peuple birman », a estimé Aung San Suu Kyi, le 9 novembre, alors que la LND, son parti, était en passe de remporter triomphalement (70 % des sièges, à ce moment-là) les premières élections libres organisées dans ce pays depuis 1990.

Environ 80 % des électeurs inscrits ont participé à ce vote historique. Une première pour la majorité d’entre eux, qui n’avaient jusqu’ici connu que la dictature. Si la victoire de l’ancienne dissidente semble annoncer que, après vingt-cinq ans de régime militaire, la Birmanie se tourne pour de bon vers la démocratie, il convient de rester prudent.

Derrière la gracile silhouette de l’icône des droits de l’homme se cache en effet une femme de pouvoir, ambitieuse et calculatrice, dont le silence glacial face aux persécutions contre les minorités musulmanes a choqué jusqu’à ses plus fervents défenseurs. Thein Sein, le président sortant, et son « parti des militaires » ont quant à eux reconnu leur défaite. Pour le moment.