Politique

Algérie : Khalida Toumi, rebelle… in extremis

L'ancienne ministre de la Culture a été limogée en 2014.

L'ancienne ministre de la Culture a été limogée en 2014. © MOHAMED MESSARA/EPA/MAXPPP

Cette ex-fidèle de Bouteflika a signé une lettre collective demandant audience au président algérien. Pour vérifier sa capacité à gouverner.

Khalida Toumi, ancienne ministre algérienne de la Culture, a adressé avec dix-huit autres personnalités une lettre au président Bouteflika pour lui demander audience.

La requête semblerait banale si elle ne contenait de sérieuses accusations. Symboliquement datée du 1er novembre, jour où s’est déclenchée la révolution de 1954, la missive dénonce « la substitution d’un fonctionnement parallèle, obscur, illégal et illégitime au fonctionnement institutionnel légal », « la grave dégradation de la situation économique et sociale » du pays et « l’abandon des cadres algériens, livrés à l’arbitraire ». Doutant même de l’authenticité de certaines décisions prises récemment au sommet de l’État, ces personnalités – parmi lesquelles figurent d’ex-maquisards, la députée Louisa Hanoune ou la sénatrice du tiers présidentiel Zohra Drif Bitat – souhaitent en avoir le cœur net.

Victime d’un AVC en 2013, le chef de l’État ne quitte quasiment plus sa résidence médicalisée. Mais s’il a cessé de s’adresser directement à ses compatriotes dès mai 2012, il n’en reçoit pas moins des hôtes étrangers. Un style de gouvernance un peu trop particulier pour ne pas inquiéter les signataires.

Cette féministe haïe des islamistes était aussi fidèle au chef de l’État qu’elle en était proche. Ce qui n’a pas empêché ce dernier de la limoger en mai 2014

La présence de Khalida Toumi sur cette liste suscite de l’étonnement et même des sarcasmes. Jadis professeur de mathématiques, ex-cadre du Rassemblement pour la culture et la démocratie, ministre de la Culture pendant douze ans, cette féministe haïe des islamistes était aussi fidèle au chef de l’État qu’elle en était proche. Ce qui n’a pas empêché ce dernier de la limoger en mai 2014.

Discrète depuis son éviction, Khalida Toumi refait surface dans un registre où on ne l’attendait guère. Après avoir soutenu le quatrième mandat de Bouteflika au nom de la stabilité, elle estime aujourd’hui l’Algérie « en danger ».

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