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Cet article est issu du dossier «Les pionniers de la photographie africaine»

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Arts

Tunisie – Photographie : Héla Ammar tisse l’histoire

Tarz : tisser le temps (2015) © Héla Ammar/Les rencontres de Bamako

À l'occasion de la 10e édition des Rencontres de Bamako, « Jeune Afrique » revient sur quelques pionniers de la photographie africaine.

Des images en noir et blanc reliées par un fil rouge… La plasticienne tunisienne Héla Ammar travaille sur l’histoire, forcément lacunaire, de son pays. Rassemblant une vingtaine d’images d’archives et des photographies contemporaines artificiellement vieillies pour y ressembler, elle rapproche en une installation différents moments constitutifs de la nation tunisienne. Les images du Printemps arabe peuvent ainsi figurer à côté de celles consacrées aux mouvements pour la liberté des femmes ou côtoyer des clichés pris à l’heure de la domination coloniale. À ces images, Héla Ammar a ajouté une broderie de soie rouge, couleur du drapeau national.

C’est d’ailleurs cet élément qui donne son titre à l’installation : Tarz, qui signifie « broderie » en arabe. Suivre ce fil rouge, c’est paradoxalement prendre conscience des choix et des omissions qui caractérisent une mémoire nationale, fluctuante au gré des régimes, éclatée. C’est aussi mettre le doigt sur l’influence démesurée des images sur l’Histoire et la perception que nous avons de nous-mêmes dans le corps social et politique.

Née en 1969, docteure en droit et universitaire, Héla Ammar a par ailleurs développé récemment tout un travail sur l’univers carcéral de son pays. Ses textes et ses photographies sur le sujet sont rassemblés dans le livre Corridors (Cérès Éditions), paru en 2015.

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