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Cet article est issu du dossier «Sécurité des chefs d'État : dans le secret des gardes rapprochées»

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Sécurité

La sécurité des chefs d’État en Afrique, une affaire privée

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« David » (à g.), le garde du corps belge d'Alpha Condé (à Conakry, le 11 octobre).

« David » (à g.), le garde du corps belge d'Alpha Condé (à Conakry, le 11 octobre). © LUC GNAGO/REUTERS

Alors que la sécurité des chefs d’État africains vire à l’obsession, les agents chargés de la garantir sont moins nombreux mais mieux formés et mieux équipés. Enquête sur ces hommes qui suivent nos présidents comme leur ombre.

Il a le look typique d’un ancien militaire. « David » est belge et assure depuis peu la garde rapprochée d’Alpha Condé. Il se remarque facilement : il est le seul blanc à entourer le chef d’État guinéen durant ses meetings. « Il est très sympa, mais quand il bosse, il ne pense qu’à la sécurité de « son » président », raconte un membre de l’entourage du chef de l’État. David n’est pas le seul « privé » à être engagé aux côtés des présidents africains. Certaines sociétés se sont d’ailleurs spécialisées dans ce service.

C’est le cas du Groupe EHC. En 2000, cette entreprise francophone enregistrée aux États-Unis a détaché huit personnes à la sécurité du président ivoirien Robert Gueï durant la campagne électorale. EHC est également intervenu pour la formation de la garde présidentielle congolaise de 1999 à 2000 et dans près d’une douzaine de pays africains dont le Niger, le Mali et le Sénégal. La société française Gallice Security est, elle, intervenue au Mali auprès d’Ibrahim Boubacar Keïta et au Gabon. Moins connue, Roussel a été sollicitée par Michel Djotodia.

Secopex, basée dans le sud de la France, a notamment travaillé pour le gouvernement somalien et pour des armateurs grecs afin de sécuriser le golfe d’Aden

Une autre de ces entreprises a suscité l’intérêt des services secrets français. Secopex, basée dans le sud de la France, a notamment travaillé pour le gouvernement somalien et pour des armateurs grecs afin de sécuriser le golfe d’Aden. En 2011, en pleine crise libyenne, quatre de ses membres sont arrêtés par les rebelles à Benghazi. Arrestation au cours de laquelle leur patron, l’ancien sous-officier parachutiste d’infanterie de marine Pierre Marziali, a été tué. Les Libyens les soupçonnaient d’être des espions à la solde de Mouammar Kadhafi. Ce qu’a toujours démenti le vice-président de Secopex, Robert Dulas, un proche de plusieurs anciens présidents, dont François Bozizé et Robert Gueï.

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