Agroalimentaire

Agro-industrie : qui va reprendre le sénégalais Suneor ?

Lors des campagnes de récolte, l'entreprise emploie jusqu'à 1 000 ouvriers agricoles. © SEYLLOU/AFP

Alors qu'Advens se retire du capital de l'ex-fleuron de l'arachide, plusieurs candidats pourraient s'intéresser à une nouvelle privatisation. Tour d'horizon.

Le 26 octobre, une page s’est tournée dans la vie de Suneor, leader sénégalais de l’huile d’arachide. Repreneur dix ans plus tôt de l’ex-Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos), le groupe Advens va sortir du capital au profit de l’État. Une « nationalisation » temporaire du fleuron déchu : devant l’ampleur de la tâche (restructuration financière, investissements industriels, nouvelle stratégie), le Sénégal a promis, via Amadou Ba, son ministre de l’Économie et des Finances, de reprendre « les discussions, avec les acteurs intéressés, pour une nouvelle privatisation ». Jeune Afrique dresse la liste des possibles prétendants.

Avril

Actif dans l’arachide sénégalaise depuis 2012, avec la reprise successive de Senarh et de Novasen, l’ex-Sofiproteol martèle son intérêt pour la filière oléagineuse en Afrique, dont il maîtrise l’amont comme l’aval.

Le groupe français apparaît comme le grand favori, à condition qu’il évite de s’associer, comme au cours de la privatisation précédente, avec des partenaires peu crédibles, qu’il ne tienne pas à l’écart les autorités politiques et ne reprenne pas les sites en partie seulement, comme lors du protocole d’accord signé avec Advens en février (rejeté depuis par l’État). Son autre point faible serait son alliance avec le producteur de bière Castel : l’essentiel de l’arachide sénégalaise est en effet produit en zone mouride, une confrérie hostile à l’alcool.

Sifca

Le groupe agro-industriel ivoirien est l’un des candidats les plus sérieux. En 2010, il avait fait une offre sur Suneor après avoir longuement étudié le dossier. « Mais Advens et Sifca ne se sont pas entendus sur la répartition du capital », explique un proche des négociations. Pour le leader africain de l’huile de palme allié, au Sénégal, au Complexe agroalimentaire de Touba (CAIT), se diversifier dans une autre huile reste fondamental, mais les difficultés qu’il connaît dans ses deux principaux métiers le freinent.

J.A.

Suneor en quelques chiffres © J.A.

Olam

Le nom du négociant singapourien, solidement ancré en Afrique, est apparu mi-octobre. Même si Olam n’affiche aucune intention, l’hypothèse n’est pas farfelue : leader mondial dans le négoce de l’arachide, présent en Argentine et aux États-Unis, il inclut les noix comestibles dans ses priorités stratégiques.

Pour l’instant, il n’a misé que sur l’arachide de bouche, un produit à plus forte valeur ajoutée mais sur lequel le Sénégal ne peut se positionner en raison du fort taux d’aflatoxine de ses graines. En vertu d’accords qui le lient à Sifca, Olam se rangerait derrière une candidature de son partenaire.

Cevital

Difficile de mesurer l’implication du conglomérat diversifié dans ce dossier. Contacté par J.A. en juillet, l’Algérien Issad Rebrab, son PDG, nous confirmait son intérêt pour les actifs de Suneor. Sa candidature semble sérieuse, du moins pour le raffinage, le premier groupe privé algérien étant, dans son pays et depuis une vingtaine d’années, le leader incontesté de la transformation en huile de table du soja, importé du Brésil.

Issad Rebrab, qui pourrait aussi lorgner Suneor pour ses terrains situés dans le port de Dakar, compte se développer dans la logistique, une étape clé de son approvisionnement en matières premières.

Un prétendant chinois

Grande inconnue du futur processus de privatisation, l’attitude des groupes chinois, compétents dans la production comme dans la transformation. La Chine est le premier consommateur de l’arachide du Sénégal. Les observateurs s’attendent donc à ce que des candidats potentiels se déclarent, du groupe Luhua à Cofco, en passant par Wilmar (lui aussi actionnaire de Sifca), basé à Singapour mais leader dans l’huile d’arachide chinoise via sa filiale locale Yihai Kerry.

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