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Maroc : vente aux enchères de la collection d’art islamique de Pierre Bergé et d’Yves Saint Laurent

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Mis à jour le 30 octobre 2015 à 12h40
Maquette de mosquée en bois, Espagne ou Proche-Orient (fin XIXe siècle).

Maquette de mosquée en bois, Espagne ou Proche-Orient (fin XIXe siècle). © ARTCURIAL

Le 31 octobre, c’est à Marrakech que la collection d’art islamique de Pierre Bergé et d’Yves Saint Laurent sera vendue au profit de la Fondation Jardin Majorelle.

Une porte de mosquée à deux vantaux, datant du XVIIe siècle, des ceintures de Fès centenaires aux couleurs chatoyantes et au tissage exceptionnel, un coran du XIVe siècle, un superbe trône de marié du XIXe. Ce sont là quelques-uns des trésors de la collection d’art islamique de Pierre Bergé et Yves Saint Laurent qui seront mis en vente le 31 octobre au palace Es Saadi, à Marrakech. Un événement exceptionnel dans la ville qui inspira le couturier et son compagnon et où ils acquirent la célèbre maison Majorelle, en 1980. « Ils avaient décidé d’en faire un musée oriental, mais, dans les années 1990, ce marché a littéralement explosé. De grands collectionneurs ont émergé, en particulier dans les pays du Golfe et en Turquie. Bergé et Saint Laurent ont décidé alors de ne pas suivre cette inflation folle. Ils se sont recentrés sur l’art berbère et ont stocké le reste », explique Olivier Berman, directeur associé chez Artcurial.

Précurseur

Pour la jeune maison de vente parisienne, chargée d’organiser cet événement, les noms de Bergé et de Saint Laurent sont un sésame exceptionnel. En 2009, la cession d’une partie de la collection d’art des deux esthètes à Paris, organisée par Christie’s, avait été considérée comme « la vente du siècle », attirant 30 000 personnes les deux premiers jours de l’exposition et rapportant au total près de 375 millions d’euros.

Comprenant également le mobilier du Musée Majorelle, créé par l’architecte star Bill Willis, et une cinquantaine de meubles et tableaux provenant de leur collection personnelle, la vente de ces trésors est certes plus modeste puisqu’elle est globalement estimée aux environs de 500 000 euros. « Mais cette vente témoigne du goût précurseur de Bergé et de Saint Laurent pour l’exceptionnelle tradition artistique marocaine », ajoute Olivier Berman.

En 2011, la maison Artcurial avait déjà choisi Marrakech pour exposer « Jacques Majorelle et ses contemporains ». Trois ans plus tard, l’exposition « Moroccan Spirit » avait permis de faire découvrir au public marocain des peintures allant de 1874 à aujourd’hui. Mais avec « Une passion marocaine », c’est la première fois qu’une exposition sera suivie d’une vente sur place. Pour Pierre Bergé comme pour Artcurial, ce choix s’imposait. D’abord parce que cette vente est réalisée au profit de la Fondation Jardin Majorelle et que les bénéfices serviront à soutenir des actions culturelles, éducatives et sociales au Maroc. Elle contribuera également au financement du nouveau Musée Yves-Saint-Laurent qui doit ouvrir ses portes en 2017 à Marrakech (lire encadré).


UN MUSÉE POUR YVES SAINT LAURENT

 

Fin 2017, le Musée Yves-Saint-Laurent devrait ouvrir ses portes. Cet espace culturel, qui se situera à proximité de la maison Majorelle, présentera une collection de modèles haute couture donnés par la Fondation Pierre Bergé Yves Saint Laurent à Paris. Cet espace comprendra également un auditorium ainsi qu’une bibliothèque, dont le fonds réunira différentes thématiques, dont la botanique, la culture berbère, la mode et Yves Saint Laurent, ainsi que des livres arabo-andalous issus de la collection personnelle de Pierre Bergé. Entièrement financé par la Fondation Jardin Majorelle, le musée, dont le coût est gardé secret, sera un témoignage de plus de la passion du couturier pour le royaume et la ville ocre.


 

Hub

Les pièces qui seront vendues se trouvent déjà à Marrakech, et Artcurial préfère éviter le transport, coûteux et difficile, de ces œuvres fragiles. Mais les questions techniques ne suffisent pas à expliquer ce choix et Artcurial ne s’aventure pas à l’aveugle dans le royaume. « Nous sommes très attachés au Maroc, dont nous pensons qu’il va devenir le hub de l’Afrique sur le plan culturel. Les créations de fondations, de musées, l’émergence de collectionneurs importants, nous poussent à croire en son incroyable potentiel. Pour cette vente, 70 % des objets sont marocains et la clientèle sera plutôt locale. Aujourd’hui, l’art n’est plus réservé à la très haute bourgeoisie. Avec l’émergence de la classe moyenne, des couples de trentenaires sont désireux d’investir. »

Autre atout du Maroc : ses infrastructures. « Organiser une vente, c’est aussi beaucoup de paramètres techniques et il n’y a pas beaucoup d’endroit en Afrique où une telle organisation est possible », conclut Olivier Berman.

>> « Une passion marocaine », collection Pierre Bergé et Yves Saint Laurent, exposition du 29 au 31 octobre au palace Es Saadi de Marrakech, vente le 31 octobre.

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