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Maurice : AfrAsia Bank, championne de la hausse

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AfrAsia Bank a été fondée en 2007.

AfrAsia Bank a été fondée en 2007. © AfrAsia

Sur un marché saturé, ce tout jeune établissement connaît l’une des progressions les plus spectaculaires du continent.

Le coup de tonnerre s’est produit le 24 septembre 2015, avec l’annonce par le conseil d’administration des démissions de James Benoit, fondateur et directeur général d’AfrAsia, et de son numéro deux, Kamben Padayachy. Aucune explication à cela, mais des doutes sur la stratégie à venir de la banque la plus dynamique de Maurice, voire d’Afrique.

James Benoit est en effet considéré comme l’artisan du succès vertigineux d’AfrAsia, jeune établissement privé fondé en 2007 square Bowen, un quartier historique de la capitale mauricienne. L’ascension de la banque, partie avec un capital de 7 millions de dollars (4,7 millions d’euros), « a dépassé les attentes », reconnaissait James Benoit, interrogé par Jeune Afrique quelques semaines avant sa « démission ». Son total de bilan est passé de 285,4 millions de dollars en 2010 à 1,49 milliard en 2014 (voir ci-dessous). Et les 35 employés de 2007 sont maintenant 250. L’une des croissances les plus rapides d’Afrique. Le 7 décembre 2015, un nouveau dirigeant a été nommé : un banquier indien (ancien d’HSBC notamment) doté d’une quarantaine d’années : Sanjiv Bhasin.

Maurice a beau être un petit pays peu peuplé (1,3 million d’habitants), l’île compte 23 banques : deux de moins que le Maroc et ses 33 millions d’habitants. Dans ce paysage surchargé, le nouvel acteur s’est positionné dès le départ sur un segment de niche : la gestion de fortune, la conservation de titres, la gestion de fonds et les financements destinés aux entreprises. Puis AfrAsia a profité d’une place financière mauricienne stable et située au carrefour de deux continents en plein boom, l’Afrique et l’Asie.

L’arrivée de partenaires internationaux issus de divers horizons a renforcé sa crédibilité institutionnelle.

C’est d’ailleurs par le segment des non-résidents que la banque s’est fait connaître. Il représente désormais 65 % de ses activités, notamment grâce à une clientèle sud-africaine haut de gamme. « Nous pouvons attirer les clients les plus sophistiqués, des filiales de multinationales, des fonds de capital-investissement ou des grosses fortunes », se félicitait Kamben Padayachy alors qu’il était encore directeur adjoint et responsable du pôle international chez AfrAsia. « C’est une chance d’être à Maurice, qui est sur la même trajectoire que Singapour et Dubaï », ajoutait James Benoit.

C’est ce Canadien qui, fort de ses seize années passées au sein de HSBC, avait senti le potentiel qu’aurait une banque privée sur l’île. Et qui avait su convaincre de solides actionnaires de le suivre dans l’aventure. Tout d’abord GML, le plus grand conglomérat mauricien. L’actionnaire de référence, qui détient toujours 24,1 % du capital, a permis à la banque de s’installer sur des bases solides. L’arrivée de partenaires internationaux issus de divers horizons a renforcé sa crédibilité institutionnelle et consolidé ses assises internationales.

Proparco (la filiale de l’AFD chargée du secteur privé), IntraAsia Capital et la Banque nationale du Canada ont pris le train en marche. Cette dernière, en pleine offensive africaine, est entrée au capital de la banque mauricienne à hauteur de 9,5 % fin 2014, avant d’augmenter sa participation à 17,5 % mi-2015 pour 920 millions de roupies mauriciennes (environ 23 millions d’euros).

Une seule ombre au tableau : le Zimbabwe, où AfrAsia a plié bagage en 2015

Avant sa démission, James Benoit rappelait que l’aventure n’en était qu’à ses débuts et que lui et ses équipes prévoyaient une très forte croissance en Afrique, avec l’objectif de continuer à augmenter les revenus et de doubler leur taille dans les années à venir.

L’ex-directeur général reconnaissait alors une seule ombre au tableau : le Zimbabwe, où AfrAsia a plié bagage en 2015 au terme de trois années infructueuses…

Le positionnement stratégique et les ambitions d’AfrAsia seront-ils les mêmes sans son dirigeant historique ? Officiellement, oui. Sanjiv Bhasin a été nommé pour consolider et développer les quatre piliers du groupe : la banque privée, la banque d’entreprise et d’investissement, la banque internationale et les activités de trésorerie.

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