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Cet article est issu du dossier «Pétrole et gaz : ENI assume son rang en Afrique»

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Energie

Hydrocarbures : le mirage marocain ?

Vue du terminal hydrocarbures du port de Tanger Med au Maroc.

Vue du terminal hydrocarbures du port de Tanger Med au Maroc. © http://www.tmpa.ma/

Les recherches d’hydrocarbures dans le sous-sol chérifien tardent à porter leurs fruits. Pourtant, le royaume continue d’attirer juniors et majors.

Annoncé depuis 2000 par le roi Mohammed VI, le potentiel en hydrocarbures du sous-sol marocain ne tient toujours pas ses promesses, alors que les investissements d’exploration se sont élevés à plus de 21 milliards de dirhams (1,9 milliard d’euros) sur la période allant de 2000 à juin 2015. Ces sommes ont été consenties à 95 % par des entreprises étrangères et à 5 % par l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym).

Un sous-sol qui intéresse les entreprises pétrolières

Même si plusieurs juniors implantées au Maroc, comme l’irlandaise Circle Oil, l’australienne Tangiers Petroleum, l’écossaise Cairn Energy ou encore l’américaine Kosmos Energy, ont connu des forages infructueux, qui se sont soldés par la fermeture de plusieurs puits depuis 2014, les raisons d’espérer restent cependant réelles. En effet, le 29 septembre, la junior irlandaise San Leon Energy et l’Onhym ont détecté du gaz dans le puits Lay4, situé sur les permis de recherche Tarfaya onshore, dans la région de Laayoune, au sud du Maroc. Les deux partenaires comptent demander de nouveaux permis dans cette zone pour acquérir, traiter et interpréter une étude sismique 3D (technique d’imagerie des sols), afin d’optimiser l’implantation des travaux futurs.

Le groupe anglo-néerlandais Shell a conclu un contrat de reconnaissance avec l’Onhym portant sur le bloc dénommé Issouka

Le sous-sol marocain suscite la convoitise, outre des sociétés juniors, des majors du secteur, à l’instar de la française Total, de la britannique BP et de l’américaine Chevron, laquelle a d’ailleurs procédé cette année à l’acquisition d’une étude sismique 3D pour couvrir 1 780 km2 dans la zone Cap Rihr Deep Offshore, située au large d’Agadir.

Par ailleurs, le 22 septembre, un autre acteur de renom est venu s’ajouter à ces trois majors : le groupe anglo-néerlandais Shell a conclu un contrat de reconnaissance avec l’Onhym portant sur le bloc dénommé Issouka, situé en zone onshore dans le nord-est du pays. « L’accord est prévu pour une durée de douze mois avec une possibilité d’extension, voire de reconversion en licence d’exploration en fonction des résultats obtenus », a affirmé à Jeune Afrique la direction de la communication de Shell pour l’Afrique et le Moyen-Orient, basée à Dubaï. En revanche, aucun détail n’a été divulgué sur les futurs investissements ni sur le nombre d’employés de Shell dépêchés au Maroc.

Où en est la production ?

Au total, 33 groupes étrangers recherchent des hydrocarbures en partenariat avec l’Onhym, qui conserve une part minimale de 25 % dans chaque projet. Depuis 2000, les incitations fiscales contenues dans le code des hydrocarbures pour attirer les investisseurs étrangers sont nombreuses, avec notamment l’exonération de l’impôt sur les sociétés pendant dix ans à compter de la date de mise en production, ou l’absence de droits de douane et de TVA sur les importations d’équipements, de matériaux, de produits et de services nécessaires à l’exploration et à l’exploitation.

Les zones les plus prometteuses comprennent les bassins du Gharb, dans le Nord, et de Meskala, près d’Essaouira

Si une baisse des investissements sera probablement inévitable cette année – les dépenses se sont élevées à 2,72 milliards de dirhams fin août, contre 7,52 milliards en 2014 et 2,4 milliards en 2013 -, le territoire exploré a atteint 455 000 km fin septembre, en hausse de 28,7 % par rapport à fin 2014. Cette superficie fait l’objet de 118 permis de recherches, de sept autorisations de reconnaissance, de neuf concessions d’exploitation et de quatre mémorandums d’entente sur les schistes bitumineux. Les zones les plus prometteuses comprennent les bassins du Gharb, dans le Nord, et de Meskala, près d’Essaouira. De son côté, l’off-shore de l’Atlantique dispose d’un « potentiel pétrolier viable », selon l’Onhym, mais nécessitant « des programmes intensifs de forage ». Dans ce contexte, la production n’est pas pour tout de suite…

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