Santé

Paludisme : Youyou Tu, un Nobel et un traitement qui fait mouche contre le moustique

À Pékin, le 8 octobre. © CHINA DAILY/REUTER

Son traitement contre le paludisme, qui mêle médecine ancestrale et médecine moderne, fait mouche contre le moustique. Et vaut à cette scientifique chinoise un prix Nobel.

Elle est la première Chinoise à recevoir un Nobel, et la douzième femme, depuis la création de cette récompense en 1901. Ce 5 octobre, Youyou Tu, 84 ans, s’est vu attribuer le Nobel de médecine pour son traitement très efficace contre le paludisme.

Après des études de pharmacie à l’université de Pékin, en 1955, la jeune femme se spécialise en médecine chinoise traditionnelle. De 1965 à 1978, elle est professeure assistante à l’académie de Pékin où cette discipline est enseignée, puis professeure titulaire en 1985. Dans les années 1950, en pleine guerre d’Indochine, Mao Zedong en personne l’avait chargée de trouver un remède pour lutter contre cette maladie, qui ravage alors les troupes de l’allié nord-vietnamien.

Ce traitement a sauvé des millions de vies et reste le meilleur au monde

Avec son équipe, la scientifique sélectionne, à l’aide d’un manuel vieux de 1 600 ans, près de 400 extraits actifs. L’un d’eux – qu’elle teste sur elle-même à l’aide d’un nouveau procédé – se démarque par son efficacité : l’artémisinine, contenue dans l’armoise annuelle. En une trentaine d’heures, la fièvre et le nombre de parasites présents dans le sang chutent de façon significative. « Nous venions de guérir le paludisme résistant aux médicaments, se souvient Youyou Tu. Nous étions très enthousiastes. »

Depuis, ce traitement a sauvé des millions de vies et reste le meilleur au monde. La plante chinoise dont il est issu est cultivée au Vietnam et en Afrique orientale. Des croisements sont à l’étude pour augmenter les rendements.

Le paludisme touche 200 millions de personnes dans le monde

Las, une première résistance des parasites à l’artémisinine est apparue au Cambodge : le médicament fait effet au bout de quatre jours, au lieu de deux précédemment. « Il est de la responsabilité des scientifiques de continuer à lutter pour la santé de tous », affirme Youyou Tu, pour qui la prudence reste de mise. Le paludisme touche 200 millions de personnes dans le monde. En 2013, il a causé, selon l’OMS, près de 600 000 décès, des enfants africains pour la plupart.

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