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Cet article est issu du dossier «Présidentielle au Burkina : une autre histoire est en marche»

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Économie

Qui succédera à Alizéta Ouédraogo, reine déchue du patronat burkinabè ?

Alizéta Ouédraogo est la présidente de la CCI-BF © Vincent Fournier/J.A.

Découvrez les portraits des entrepreneurs burkinabè les mieux positionnés aujourd'hui pour prendre la succession d'Alizéta Ouédraogo à la présidence de la Chambre de commerce et d'industrie du Burkina Faso.

Les prétendants seront sans doute nombreux à vouloir briguer la succession d’Alizéta Ouédraogo à la présidence de la CCI-BF. Parmi les candidats potentiels, trois patrons burkinabè emblématiques : Lassiné Diawara, Idrissa Nassa et Apollinaire Compaoré.

Tous trois ont déjà occupé un poste de vice-président de la Chambre et sont incontournables dans les milieux d’affaires du pays et de la sous-région.

 

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Apollinaire Compaoré, le self-made- man

Patron du groupe Planor Afrique, holding qui regroupe Telecel Faso (troisième opérateur de téléphonie mobile du pays) et les sociétés de l’ex-groupe Burkina Moto, actives dans le secteur des finances (Union des assurances du Burkina, UAB), du négoce et de l’industrie (produits pétroliers, cosmétiques, tabac, thé, cycles et cyclomoteurs, etc.), Apollinaire Compaoré incarne la réussite dans la pure tradition burkinabè.

Parti de rien ou presque, il débarque adolescent à Ouagadougou, en 1968, comme simple vendeur de tickets de loterie. À 62 ans, il dirige un empire financier de quelque 75 milliards de F CFA de chiffre d’affaires. Également actionnaire de MTN Côte d’Ivoire (26,75 % des parts), il souhaite lancer Telecel au Mali, où la troisième licence mobile lui a été attribuée en 2013.

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Idrissa Nassa, le banquier

On dit de lui qu’il est méthodique et délègue beaucoup à ses collaborateurs. PDG fondateur de Coris Bank International (CBI), dont il est actionnaire majoritaire (70 % des parts), Idrissa Nassa, 50 ans, fait d’abord ses armes en tant que commerçant dans le négoce des pièces détachées, puis dans l’importation de riz et de sucre. En 2001, il rachète les actifs de la Financière du Burkina, un établissement de crédit alors en pleine crise.

Idrissa Nassa a notamment repris et rénové l’ex-Silmandé, un 4-étoiles de la capitale, désormais sous enseigne Golden Tulip

Sept ans plus tard, il en fait une banque, Coris Bank, qui, grâce à sa politique de souplesse pour financer les PME, est devenue la deuxième banque du pays dernière la panafricaine Ecobank, avec un total bilan de 535 milliards de F CFA (815,6 millions d’euros) en 2014.

Le holding CBI est, lui, actif dans divers métiers de la finance via Coris Assurances, Coris Bourse et Coris Capital. Il est présent au Mali, en Côte d’Ivoire et au Togo. Également actif dans les secteurs de l’imprimerie, de l’immobilier et de l’hôtellerie.

Avec sa société de promotion et d’aménagements touristiques et hôteliers (Sopatel), Idrissa Nassa a notamment repris et rénové l’ex-Silmandé, un 4-étoiles de la capitale, désormais sous enseigne Golden Tulip.

Ahmed Ouoba/J.A.

Ahmed Ouoba/J.A.

Lassiné Diawara, I’investisseur multicarte

Industriel, banquier, propriétaire immobilier… Lassiné Diawara a de nombreuses cordes à son arc. Issu d’une lignée de grands commerçants, ce natif de Bobo-Dioulasso commence sa carrière en 1974 comme secrétaire général de la Chambre de commerce de Haute-Volta, puis économiste à la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO, ancêtre de la Cedeao). C’est à ce poste que, au milieu des années 1980, il rencontre Vincent Bolloré, qui le nomme à la direction de la Manufacture burkinabè de cigarettes (Mabucig, désormais filiale d’Imperial Tobacco).

Le fait qu’il ait été plusieurs fois vice-président de la CCI-BF et premier vice-président sous la direction d’Alizéta Ouédraogo ces dernières années est pour lui un atout autant qu’un handicap

Aujourd’hui PDG de la société immobilière Amila (qu’il a fondée) et du manutentionnaire Sageci (qu’il détient à 97 %), Lassiné Diawara, 66 ans, préside le conseil d’administration de Mabucig et de Bank Of Africa Burkina Faso (BOA-BF, filiale du marocain BMCE), dont il détient 10 % des parts. Il est aussi au tour de table d’Onatel (racheté par Maroc Telecom en 2007) et de Tedis Pharma (dont il possède 16 %).

Le fait qu’il ait été plusieurs fois vice-président de la CCI-BF et premier vice-président sous la direction d’Alizéta Ouédraogo ces dernières années est pour lui un atout autant qu’un handicap.

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