Politique

Cameroun : Alain Edgar Mébé Ngo’o, ministre des Transports et grand perdant du remaniement

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Le président du Cameroun, Paul Biya.

Le président du Cameroun, Paul Biya. © Remy de la Mauviniere/AP/SIPA

Il était le tout-puissant ministre de la Défense du Cameroun. Il se retrouve avec le portefeuille des Transports.

Ce n’est pas une chute. Plutôt un coup de mou, voire un coup d’arrêt dans une ascension qui paraissait irrésistible. Par quelque bout que l’on prenne le « réaménagement » du gouvernement auquel a procédé Paul Biya, le président camerounais, le 2 octobre, Alain Edgar Mébé Ngo’o, 58 ans, en est le grand perdant. Le flamboyant ministre de la Défense a été muté aux Transports. Une « gifle », selon les textos de ses nombreux détracteurs sitôt achevée la lecture à la radio du décret couperet.

Les commentateurs avaient pourtant du grain à moudre : une dizaine de ministres ont pris la porte. Qu’importe, on ne parle que de lui. On moque sa rétrogradation au « ministère des motos-taxis » et on lui prédit un enfer à cause du canard boiteux Camair-Co, la compagnie aérienne nationale, superendettée. Selon les exégètes de la méthode Biya, lorsqu’une star du gouvernement, qui rêvait du secrétariat général de la présidence – pour parachever sa stature de dauphin – atterrit aux Transports, c’est qu’il n’est plus intouchable. En clair, il est poussé vers la sortie. Par la petite porte.

Mébé Ngo’o a toujours bénéficié d’un accès direct au président, qui n’est pourtant pas réputé pour sa proximité avec ses ministres

Mébé Ngo’o est pourtant un enfant gâté du régime : issu de la Préfectorale, il fut sept ans directeur du cabinet civil du président avant d’être propulsé, en 2004, à la tête de la police nationale, puis à la Défense en juin 2009. Fils d’un notable du Sud qui connut le jeune séminariste Biya, Mébé Ngo’o a toujours bénéficié d’un accès direct au président, qui n’est pourtant pas réputé pour sa proximité avec ses ministres. Il avait donc, jusqu’ici, été perçu comme un fils spirituel de Biya.

Muté en pleine guerre contre Boko Haram, il est sans doute victime des nombreux dysfonctionnements de l’armée, mais aussi de son tempérament de chef martial et autoritaire qui lui a aliéné le soutien des généraux influents. Enfin, ses escortes agacent, pour être plus imposantes que celles du Premier ministre. Alors que son étoile pâlit, saura-t-il rebondir ?

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