Politique

Flavien Enongoué, professeur de philosophie à l’université Omar-Bongo de Libreville : « Rien de nouveau sous le soleil »

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Flavien Enongoué

Flavien Enongoué © DR

Les défections ne sont pas un phénomène récent et ne constituent pas nécessairement, selon cet observateur de la vie politique gabonaise, un signe inquiétant.

Jeune Afrique : De quoi ces départs successifs sont-ils révélateurs ?

Flavien Enongoué : Certains affirment qu’il s’agit d’une crise au sein du PDG, pendant que d’autres y voient l’expression d’un malaise. Ces lectures, que je qualifierais volontiers de pressées, reposent en réalité sur la projection aventureuse de ceux qui n’entrevoient la recomposition de la scène politique gabonaise que sous le prisme d’un éclatement du parti dominant.

Les départs successifs font partie de l’histoire du PDG depuis 1990. Il en a déjà été ainsi, en 2009, avec les défections de Casimir Oyé Mba, Jean Eyéghé Ndong, André Mba Obame… Même sous Omar Bongo, on enregistra le départ de figures emblématiques telles que Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé, Louis Gaston Mayila, Jean Boniface Assélé, Didjob Divungi Di Ndinge ou Alexandre Sambat, pour la période agitée de 1990-1993… En 2003, ce fut le tour de Zacharie Myboto. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

S’agit-il d’un conflit de générations ?

L’âge ne fait rien à l’affaire. Outre le fait que les quelques barons qui quittent le navire emportent dans leur sillage des fidèles de tous âges, ceux qui tiennent aujourd’hui le gouvernail du parti sont issus de toutes les générations.

Ces tensions sont-elles le fait d’un déficit de dialogue entre pouvoir et opposition ?

Mais ces tensions existaient déjà sous le long règne d’Omar Bongo ! Ce qui pose problème, c’est moins le défaut de dialogue que la difficulté pour beaucoup de s’adapter aux changements de paradigmes. Résultat, le débat s’enlise dans la violence verbale et les attaques personnelles. Au point qu’il est difficile de tracer une ligne de démarcation entre l’opposition et tous ceux qui, au sein même du PDG, s’affranchissent des règles de la discipline partisane pour se montrer encore plus vindicatifs contre le pouvoir.

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